Air France : des grèves contre les sanctions et les licenciements

29 Décembre 2015

La CGT Air France vient d’appeler à une grève, le 28 janvier, pour le premier comité central d’entreprise (CCE) de 2016. Il s’agit de réclamer l’annulation du licenciement de cinq salariés : quatre du Fret, un de la Maintenance. Ils sont accusés de violences contre deux cadres de la direction lors du CCE d’octobre, où cette même direction annonçait trois mille suppressions d’emplois, dont des licenciements secs.

Quoi qu’en disent la direction, le gouvernement, la droite et les médias, ces décisions étaient bien de la violence, de la violence de classe et à grande échelle !

De plus, ces cinq travailleurs ont déjà été licenciés, alors que la justice, pourtant saisie par la direction, n’a pas encore eu à se prononcer. Leur procès, comme celui de treize de leurs camarades, eux aussi sanctionnés même s’ils ne sont pas licenciés, a été repoussé au 27 mai.

Deux autres salariés de la compagnie, des pilotes cette fois, sont aussi menacés. Mis à pied sans solde depuis la mi-octobre, ils doivent passer en conseil de discipline le 7 janvier. La direction les accuse d’avoir facilité l’entrée des manifestants dans les locaux du siège, lors du même CCE du 5 octobre. Bien que la direction de la compagnie ait dissocié leur cas de celui de leurs camarades du personnel au sol, nul doute qu’elle veut faire un exemple là encore.

La direction veut aussi revenir à la charge, au CCE du 28 janvier, sur son projet de créer une base hors de France et des Pays-Bas pour Transavia, filiale low-cost du groupe franco-néerlandais Air France-KLM. Or ce projet avait été, avec le refus d’une dégradation de leurs conditions de salaire et de travail, au centre de la plus longue grève de pilotes de l’histoire d’Air France, en septembre 2014. Cette grève avait forcé la direction à reculer, au moins pour un temps.

C’est dans ce contexte qu’Alter, un syndicat de pilotes, appelle à la grève du dimanche 10 au mercredi 13 janvier.

D’autres syndicats de pilotes, le SPAF et le principal, le SNPL, vont-ils se joindre à cet appel ? En tout cas, ce serait nécessaire. Car ce n’est qu’en unissant leurs forces, on l’a bien vu en 2014, que les pilotes ont une chance de faire reculer une nouvelle fois la direction.

Et puis, au moment où celle-ci s’en prend aux salariés au sol comme aux navigants, pourquoi des jours de grève distincts selon les catégories de personnel ? Ayant finalement un même objectif, ces grèves doivent permettre à toutes et à tous de se retrouver, ensemble au coude-à-coude, contre un ennemi commun : cette direction qui, elle le montre chaque jour, ne fera de cadeau à personne.

Correspondant LO