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Lutte Ouvrière n°1627 du 17 septembre 1999
Dans les entreprises

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Les lecteurs nous écrivent : hôpital pitié !

Infirmière depuis plusieurs années aux urgences d'un grand hopital parisien, je constate une dérive flagrante du service soi-disant " public " qui ne cesse de s'aggraver.

Par exemple, faute de médecins spécialisés compétents, l'hôpital en recrute dans le secteur privé.

Lorsque les services spécialisés concernés n'ont plus de places disponibles - et avec les restrictions budgétaires des différents gouvernements cela arrrive de plus en plus souvent - pour hospitaliser les patients nécesssitant une intervention chirurgicale, ces médecin privés donnent volontiers les coordonnées de leur clinique, dans laquelle, bien souvent, l'opération peut se faire dans la journée. Une seule condition est demandée au malade, et elle est de taille : celle de pouvoir justifier d'une couverture sociale avant l'opération... Sinon, les patients doivent se débrouiller eux-mêmes pour trouver un hôpital public pouvant les recevoir.

Et quand il faut une ambulance pour le transfert à la clinique, c'est à la charge du patient.

Là encore, seuls ceux qui ont Sécurité sociale et mutuelle peuvent se le permettre. Et tant pis pour les autres, et ils sont de plus en plus nombreux, qui n'ont ni l'une ni l'autre. C'est le cas d'un grand nombre de personnes sans domicile, et ne parlons pas des immigrés sans papiers.

Comme si, lorsqu'on se blesse ou qu'on se facture un os, on se renseignait au préalable sur les places disponibles à l'hôpital.

Une fidèle lectrice


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