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Lutte Ouvrière n°1642 du 31 décembre 1999
Dans les entreprises

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Aérospatiale - Matra : 30 heures de garde à vue pour des militants CGT !

Le 14 décembre à 6 heures du matin, les policiers de la brigade financière venaient perquisitionner au domicile d'un des responsables de la CGT, puis dans son bureau à l'usine de Suresnes, et enfin l'embarquaient. L'après-midi un autre militant de l'usine de Saint-Nazaire subissait le même sort. Et pour finir un troisième militant, de Toulouse, était aussi inquiété. Les deux premiers furent menottés et transférés au commissariat de Paris XIIIe. Ils y passèrent la nuit au secret, et ne furent libérés que le lendemain à 15 heures. Le tout sans mise en examen ni présentation devant un juge.

Pour quel motif ce déploiement de forces ?

Eh bien, trois mois auparavant, la direction du groupe Aérospatiale-Matra dévoilait au Conseil de surveillance, et donc aux syndicalistes qui y siègent, les résultats financiers du premier semestre 1999, faisant état d'un déficit de 700 millions de francs - déficit tenant uniquement à la façon de présenter les choses. Seulement la veille, le 20 septembre, le journal économique de l'Agefi avait publié ces chiffres !

Il y avait donc eu fuite. D'où colère de Lagardère, le nouveau PDG de l'Aérospatiale privatisée, et dépôt de plainte contre X pour divulgation de chiffres confidentiels.

Après quoi la brigade financière a fureté partout. Et elle s'en est prise d'autant plus volontiers à la CGT, que cette dernière est en procès avec la direction. Plus de 300 militants de la CGT ont constitué, ou sont en train de le faire, des dossiers pour discrimination antisyndicale, avec autant de plaintes, déposées ou à venir, aux Prud'hommes.

Seulement les fins limiers de la financière ont dû se rendre à l'évidence : les chiffres communiqués aux syndicalistes et ceux publiés par l'Agefi n'étaient pas les mêmes ! Ah, s'ils avaient comparé avant...

Qu'à cela ne tienne, ils ont alors mis en examen un journaliste de l'Agefi, à qui ils demandent de révéler ses sources... On en est là...


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