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Lutte Ouvrière n°2020 du 20 avril 2007
Tribune de la minorité

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Votons pour nos intérêts de travailleurs, pas pour les candidats du patronat !

Depuis plusieurs années, il existe au sein de notre organisation une tendance minoritaire. Cette tendance soumet des textes différents de ceux de la majorité au vote de nos camarades lors de nos conférences nationales. Mais elle s'est exprimée aussi, à chaque fois qu'elle l'a désiré, dans les bulletins intérieurs de notre organisation.
Ces camarades ont demandé à se constituer en tendance structurée ou, autrement dit, en fraction. C'est pourquoi ils s'expriment chaque semaine à cet endroit, dans les colonnes de notre hebdomadaire, parfois pour défendre des opinions identiques ou semblables à celles de la majorité, parfois pour défendre des points de vue différents.

À moins d'une semaine du premier tour, les candidats que les sondages présentent comme faisant la course en tête sont ceux qui ne réservent que des mauvais coups contre les travailleurs.

Une part de la campagne de Sarkozy consiste à reprendre le programme sécuritaire et anti-immigrés de Le Pen, le millionnaire réactionnaire. Et lorsqu'il quitte ce terrain pourri, ce n'est que pour promettre des heures supplémentaires pour que les patrons gagnent plus, une précarité généralisée avec un contrat unique sur le modèle du CNE, la restriction du droit de grève, des attaques contre les régimes de retraites, pour ceux qui ont encore échappé aux précédentes et aussi pour tous les autres...

Il n'y a rien de mieux à attendre de Bayrou. Derrière le marketing électoral du « troisième homme » qui veut rallier à lui la gauche et à droite, l'ancien ministre de Balladur défend le même programme social que l'UMP.

Mais Royal défend aussi fondamentalement les mêmes intérêts. À la chute continue du niveau de vie des classes populaires, elle envisage une augmentation du smic à 1 500 eruros, en brut pas en net... et d'ici 2012 ! Autant dire, avec l'inflation, pas d'augmentation du tout. Sa dernière trouvaille, le « Contrat Première Chance », est un remake du Contrat Première Embauche que Villepin a été contraint de remballer devant les manifestations de la jeunesse. Plus fort même que le CPE, car l'État paierait à la place des patrons pendant un an le salaire et les cotisations sociales pour un jeune embauché par une entreprise privée. Salariés jetables et gratuits !

Sur tous les sujets importants pour les travailleurs, il apparaît clairement que la gauche comme la droite se placent sur le terrain de la défense des intérêts du grand patronat. Et courant derrière Sarkozy, qui court lui-même derrière Le Pen, Ségolène Royal essaye de détourner l'attention des problèmes sociaux en agitant du tricolore et en faisant chanter la Marseillaise.

De tous autres objectifs correspondent aux intérêts politiques et sociaux de la classe ouvrière :

- Une augmentation des tous les salaires de 300 euros par mois, le smic à 1 500 euros net tout de suite et pas de salaire en dessous de ce smic. Ce ne serait que rattraper la dégradation du niveau de vie, sous les gouvernements de droite comme de gauche depuis des années.

- Interdire les licenciements et embaucher les précaires. Les principales entreprises, celles du CAC 40, annoncent 100 milliards de profit. Et elles ont le culot d'offrir en plus des cadeaux mirobolants à leurs dirigeants, comme les 8,4 millions de Forgeard, ex PDG d'Airbus. Il faut prendre sur ces profits pour maintenir les emplois. Il faut lever le secret bancaire et commercial pour que la population et les travailleurs puissent contrôler directement où va l'argent.

- Embaucher massivement dans les services publics utiles à la population, dans l'éducation nationale, les hôpitaux ou la poste. L'argent public doit servir aux travailleurs, pas à faire des cadeaux aux patrons comme les 65 milliards d'aides diverses versées en 2005.

- Construire massivement des logements sociaux accessibles aux classes populaires. C'est le seul moyen de reloger les 3 millions de personnes qui n'ont pas aujourd'hui de vrai logement. C'est aussi comme ça qu'on enrayera la hausse des loyers qui jette tous les jours de plus en plus de pauvres, et souvent des travailleurs, les plus mal payés, à la rue.

Aucun gouvernement de droite ou de gauche ne prendra de telles mesures car aucun d'entre eux ne voudra toucher aux intérêts et aux privilèges du patronat. Ce sont les travailleurs eux-mêmes qui devront les imposer, par la lutte, par leur force collective. On veut nous faire croire que dans ces élections, nous n'avons que le choix de voter « pour le pire ou pour le moins pire » des défenseurs du patronat, de servir ceux qui vont nous tirer dessus !

Au premier tour nous avons un autre choix possible : exprimer à la fois notre rejet de la droite et de l'extrême droite, tout en affirmant, quel que soit l'élu ou l'élue, notre détermination de ne pas nous laisser faire. Voter utile, c'est donner un avertissement au patronat et aux politiciens à son service en votant pour Arlette Laguiller.

Éditorial des bulletins d'entreprises « l'Étincelle » du 16 avril 2007 édités par la Fraction de Lutte Ouvrière.


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