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Lutte Ouvrière n°2035 du 3 août 2007
Editorial

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Service minimum pour les uns et maximum pour les plus riches

Sarkozy et sa majorité ont décidé d'imposer ce qu'ils appellent le « service minimum » en cas de grève dans les transports pour, disent-ils, répondre aux attentes des usagers.

En fait, c'est une mesure contre le droit de se défendre par la grève qui en prépare d'autres, non seulement contre les salariés des services publics mais aussi contre tous les autres travailleurs. Cela va dans le sens de ce qu'ils appellent la « réforme du code du travail », c'est-à-dire la restriction accrue des droits des salariés.

En réalité, Sarkozy et sa majorité se moquent totalement des usagers des services publics et c'est l'État qui, depuis des années, réduit les services publics au minimum, un minimum de plus en plus réduit !

Quand les salariés des transports publics se mettent en grève, ce n'est pas par plaisir mais, le plus souvent, à cause des restrictions d'effectifs qui sont la source du mauvais fonctionnement de tout ce qui est au service de la collectivité et dont les usagers subissent les effets à longueur d'année. Parfois c'est l'accident !

Après la chute dans un ravin d'un autocar polonais qui a fait plus de trente morts, l'État a rendu publique une liste de cinquante points noirs sur les routes. Les autorités les connaissaient depuis des années mais ont laissé la situation en l'état. Elles disent qu'elles vont désormais y remédier. Mais ce n'est pas la décision prise par le précédent gouvernement, dont Sarkozy a été ministre des Finances et ministre de l'Intérieur, de « dénationaliser » des routes nationales, qui va arranger les choses. Transférer la charge de l'entretien de routes importantes de l'État aux collectivités locales va se traduire par une dégradation, puisque ne reposant que sur les moyens budgétaires des collectivités locales. Cette décision a l'avantage de décharger l'État de dépenses qui lui incombaient mais elle se traduira immanquablement par une multiplication des points noirs routiers.

Dimanche dernier, l'accident sur la ligne 13 du métro parisien n'a heureusement pas fait de morts. Il y a bien des chances pour que l'enquête conclue à une défaillance mécanique « imprévisible ». Mais à la RATP comme à la SNCF et comme dans tous les services publics, on a réduit le personnel y compris celui qui entretient le matériel. Et le tandem Sarkozy-Fillon promet de sabrer encore plus dans le personnel des services publics.

En restreignant le droit de grève un peu, puis beaucoup, puis totalement s'il le peut, Sarkozy est au service non pas du public mais du patronat. Par exemple, c'est parce que les grèves dans les transports gênent surtout le patronat qui y perd de l'argent, que ce sont les grèves dans ce secteur qui sont les plus efficaces. Et c'est pourquoi Sarkozy s'y intéresse en premier. Les usagers ne viennent que loin derrière dans ses préoccupations.

Le gouvernement parle de s'en prendre ensuite à l'Éducation nationale. Mais, qu'est-ce qui est le plus nuisible aux enfants et gênant pour leurs parents ? Quelques grèves ? Ou la suppression annoncée de dix mille postes d'enseignants ? Sans parler de l'insuffisance désastreuse de crèches et de garderies.

Il n'y a pas que là que des coupes claires sont annoncées. Il y a aussi la franchise sur les remboursements médicaux de 50 euros par an et par personne, à la charge de chaque malade.

Pourquoi toutes ces attaques contre les services publics, transports, éducation nationale, santé, sans parler de l'inaction dans le domaine du logement ?

La réponse est évidente ! C'est parce que ce gouvernement veut réduire la majorité de la population et en premier lieu les classes populaires au service minimum afin de mieux assurer, sur les fonds publics, un service maximum aux plus riches.

Mais, jusqu'à quand la population, les classes populaires, laisseront-elles faire ? On ne peut le prévoir mais on peut dire que la réaction sera d'autant plus violente.

Éditorial des bulletins d'entreprise du 30 juillet


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