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Lutte Ouvrière n°2035 du 3 août 2007
Leur société

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Revenu de solidarité active : Cadeaux aux patrons et démagogie gouvernementale

Le Revenu de solidarité active, un dispositif présenté comme le nouveau RMI, viserait à garantir aux bénéficiaires du RMI ou de l'allocation de parents isolés une augmentation de revenus lorsqu'ils retrouvent un emploi. Car il arrive, lorsque l'on retrouve un emploi, généralement mal payé, que l'on perde, en même temps que les minima sociaux, le bénéfice d'aides comme la couverture maladie universelle, l'allocation logement ou la gratuité des transports et qu'au bout du compte bien qu'en travaillant, on gagne moins qu'au chômage.

Ainsi le RSA viendrait compenser ces pertes et même, en théorie, augmenter le revenu de l'ancien chômeur.

Il ne s'agit pas de créer des emplois réels avec des salaires corrects, mais plutôt de trouver le moyen de faire accepter aux personnes en situation précaire n'importe quels petits boulots à temps plus que partiel et mal payés. Et si certains chômeurs verront peut-être leurs revenus augmenter un peu, ce seront surtout les patrons les vrais bénéficiaires de ce RSA puisqu'ils pourront ainsi maintenir les salaires au plus bas.

Cette mesure, pour l'instant à l'état d'expérimentation dans 25 départements, est encore floue. Mais ce qui n'est pas flou par contre c'est la philosophie qu'il y a derrière. Fillon a déclaré vouloir en finir avec des « millions d'heures de travail pas assumées et de dépenses sociales qui pourraient être évitées ». S'il est généralisé, le RSA remplacerait les minima sociaux et obligerait ceux qui les touchent à accepter tous les travaux durs, précaires, mal payés, qui ne sont « pas assumés ».

C'est d'ailleurs ce que Hirsch laisse entendre avec mépris lorsqu'il explique : « Vous voulez faire choisir les gens entre rester sans travailler et attendre un travail bien payé à temps plein qui ne vient pas ? Ce qu'on essaye c'est de faire le chemin intermédiaire. »

Mais le fond du problème c'est que le gouvernement ne veut pas s'en prendre aux patrons qui usent et abusent d'emplois précaires et à temps partiel et payent des salaires dérisoires.

Vincent POUPARD


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