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Lutte Ouvrière n°2035 du 3 août 2007
Dans les entreprises

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Quand « se tuer au travail » cesse d'être une formule...

Avant le suicide, à l'usine PSA de Mulhouse, du cinquième travailleur en l'espace de cinq mois (le septième à l'échelle du groupe), trois salariés avaient mis fin à leurs jours au Technocentre Renault de Guyancourt, quatre à la centrale EDF de Chinon, un chez Valeo, un chez Bosch, une dans une cantine Sodexho, une au siège d'Areva. L'acte de désespoir récent survenu chez PSA a suscité une réaction de la part du ministre du Travail, qui, soi-disant préoccupé, a annoncé une prise de contact avec la direction du constructeur automobile.

À la suite du dernier suicide, Renault avait annoncé une formation pour l'encadrement et quelques embauches. Quant à PSA, il ne promettait que la mise en place d'un numéro vert et d'un « groupe de concertation sur les risques psychosociaux ». Les uns comme les autres contestent tout lien de cause à effet entre les conditions de travail et le geste désespéré, ce qui les amène dans leur logique à refuser le classement par la Caisse d'assurance maladie du suicide en accident du travail.

Or une enquête récente de l'inspection médicale de Basse-Normandie estime que, chaque année, 300 à 400 salariés se suicideraient sur leur lieu de travail. Un phénomène plutôt nouveau d'après l'étude, qui met en lumière une corrélation entre le taux du chômage et l'augmentation du nombre de suicides au travail. Quant aux conditions de travail, au stress, aux pressions de toutes sortes, ils atteignent d'autant plus la capacité de résistance d'un travailleur qu'il est isolé, voire mis en compétition avec ses collègues par une organisation du travail dont la rentabilité maximum est le seul credo.

La déréglementation croissante des horaires de travail, leur flexibilité, le recours au temps partiel, aux heures supplémentaires, comme la chasse aux « temps morts », et les suppressions de postes, tout concourt à générer stress, fatigue physique et nerveuse. Face à une pression patronale qui ne cessera pas d'elle-même, l'antidote ne peut être que la solidarité collective des travailleurs.

Viviane LAFFONT


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