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Lutte Ouvrière n°2035 du 3 août 2007
Dans le monde

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Italie - Accord gouvernement-syndicats pour augmenter l'âge de la retraite

Fin juillet, le gouvernement Prodi et les dirigeants syndicaux italiens se sont finalement mis d'accord pour le relèvement de l'âge de la retraite.

Avant les élections de 2006 qui ont vu le retour au gouvernement de la coalition de centre-gauche dirigée par Romano Prodi, « l'Unione », celle-ci n'avait pris vis-à-vis des travailleurs que quelques vagues engagements, dont la revalorisation des petites retraites et l'abolition du « scalone », « la grande marche ». Instaurée par le gouvernement Berlusconi, elle consistait à porter d'un seul coup de 57 à 60 ans l'âge minimum requis pour le départ en retraite, à condition d'avoir 35 ans de cotisations. On peut voir maintenant comment « l'Unione » tient de tels engagements.

Outre l'octroi d'une aumône dérisoire aux petites retraites, le principal était l'abolition du fameux « scalone ». Eh bien, cette « grande marche » de 57 à 60 ans sera abolie... mais remplacée par plusieurs petites marches, des « scalini », qui aboutiront au même résultat. Dès 2008, il faudra pour partir en retraite avoir au moins 58 ans et 35 ans de cotisations. Puis en 2009, il faudra avoir un minimum de 59 ans et 35 ans de cotisations, pour arriver en 2013 à 61 ans et 35 ans de cotisations.

En même temps s'introduira une condition supplémentaire : en 2009, il faudra aussi avoir un « coefficient » de 95, obtenu en ajoutant l'âge et le nombre d'années de cotisations. Concrètement cela voudra dire 60 ans et 35 années de cotisations, ou bien 59 ans et 36 années de cotisations. Le dit coefficient passera à 96 en 2011, puis à 97 en 2013, ce qui signifie que cette année-là, un travailleur ayant 61 ans ne pourra partir en retraite que s'il prouve non pas 35, mais 36 ans de cotisations. Et s'il ne les a pas il devra attendre...

Tout ce que fait le gouvernement Prodi est donc reprendre et prolonger, de façon plus insidieuse, ce qu'ont fait le gouvernement Berlusconi et ses prédécesseurs, dont d'ailleurs le précédent gouvernement Prodi. Mais, centre-gauche oblige, Prodi peut le faire avec l'aval des confédérations syndicales. Leurs dirigeants se montrent prêts à défendre l'accord face au mécontentement prévisible qu'il suscitera lorsqu'il sera soumis aux travailleurs par référendum, à l'automne. On connaît déjà leurs arguments : ils diront, comme le gouvernement, que l'augmentation de l'âge de la retraite est inévitable pour assurer l'équilibre du système de prévoyance et du budget de l'État. Et il ne manqueront pas d'ajouter qu'ils ont « évité pire ».

Rien d'étonnant si, dans ces conditions, le crédit du gouvernement de centre-gauche auprès des travailleurs continue de s'effondrer, comme il y en a eu dernièrement de nombreux signes. Bien sûr, la gauche de la coalition, notamment le Parti de la Refondation Communiste (PRC) cherche à se démarquer. Il proteste contre la réforme adoptée et dit que Prodi n'a pas respecté son programme. Mais c'est lui qui a voulu faire croire à ses électeurs, et aux travailleurs en général, que ce programme était autre chose que le prolongement de celui de Berlusconi.

Entre des responsables syndicaux qui, comme le gouvernement, parlent des équilibres budgétaires nécessaires sans jamais s'en prendre aux profits des patrons, et des responsables de parti qui feignent la surprise devant la politique menée par Prodi, les travailleurs italiens ne pourront vraiment faire confiance qu'à leurs propres forces pour mener la riposte nécessaire.

André FRYS


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