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Lutte Ouvrière n°2156 du 27 novembre 2009
Leur société

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Cantines scolaires : des économies sur le dos des plus pauvres

Le Conseil d'État vient de signifier à la municipalité d'Oullins (Rhône), se réclamant de la majorité présidentielle, qu'elle n'avait pas le droit d'interdire l'accès de la cantine scolaire aux enfants de chômeurs. Ce n'est pas la première fois qu'une municipalité tente de faire des économies sur ses frais de cantine scolaire en essayant de diminuer le nombre de rationnaires. Certaines ont instauré les exclusions d'enfants pour retard de paiement ou pour mauvais comportement, ce qui visait déjà bien souvent les gamins des milieux les moins favorisés. D'autres ont tout simplement considéré que les familles de chômeurs pouvaient bien s'occuper elles-mêmes de faire manger leurs enfants. Pour l'instant, et c'est heureux, la justice a toujours donné tort aux municipalités en invoquant l'égalité de traitement due à toutes les familles.

Mais il ne s'agit pas seulement de cela. Devant leurs difficultés financières réelles, et qui ne peuvent que s'aggraver, les municipalités sont certes amenées à faire des choix budgétaires difficiles. Choisir de priver de cantine les enfants des plus pauvres, en prenant ainsi le risque de les priver d'un repas réel, est bien un des choix les plus odieux.

Odieux... et bien dans l'air d'un temps, où l'on voit la diminution des impôts pour les riches d'un côté et la chasse aux pauvres qualifiés d'« assistés », comme les gosses de chômeurs, de l'autre.

Paul GALOIS


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