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Lutte Ouvrière n°2189 du 16 juillet 2010
Leur société

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Hôpitaux publics : disparition des conseils d'administration... et de tout contrôle

Courant juin les conseils d'administration des hôpitaux publics ont tous été dissous et remplacés par les nouvelles structures décidées dans le cadre de la loi Bachelot sur les hôpitaux.

La gestion des hôpitaux publics était bien jusqu'à aujourd'hui sous le contrôle étroit de l'État et du gouvernement, déjà par le bais de la loi de finance de la Sécurité sociale et au travers des directeurs d'Agence régionale de l'hospitalisation qui avaient le pouvoir de prononcer fermeture et regroupement forcé d'hôpitaux. Mais ces décisions, pour être immédiatement applicables sans trop d'obstacles ni de délais, devaient être acceptées par les conseils d'administration.

Ceux-ci étaient composés des directions d'hôpitaux, d'élus du personnel, d'élus locaux, de représentants des syndicats de médecins et de personnes dites « qualifiées » désignées à cet effet. Il arrivait parfois, surtout en province dans les villes moyennes ou petites, qu'une opposition puisse ainsi se faire entendre et vienne mettre des bâtons dans les roues aux plans programmés par les représentants du gouvernement. C'était loin d'être la règle, car nombre d'élus, y compris à gauche, se sentent d'abord animés de la volonté d'être considérés comme des « bons gestionnaires », même contre la population et les personnels hospitaliers.

C'est pourquoi la nouvelle loi en a fini avec ces conseils d'administration et donne tous pouvoirs aux directeurs d'hôpitaux sous les ordres directs des nouveaux directeurs d'Agence régionale de santé, eux-mêmes directement contrôlés par le gouvernement. Ils ont ainsi le pouvoir de licencier personnel et médecins. Pour le gouvernement, il fallait bien une structure mieux appropriée pour administrer le traitement de cheval qu'il entend imposer aux hôpitaux publics, avec l'accélération considérable des fermetures de services et d'hôpitaux entiers en vue de réduire le personnel par tous les moyens.

En effet ce que les gouvernants trouvent insupportable, ce sont les frais de personnel, qui représentent les deux tiers des dépenses des hôpitaux. Et c'est là qu'ils veulent faire des économies, pour offrir des largesses au patronat. Tant pis pour les malades  !

Et pour donner un petit jouet de consolation aux élus et aux syndicats, ont été institués les conseils de surveillance, qui auront le droit d'être informés a posteriori de tout ce qui aura été décidé sans eux. Avec un nombre de représentants fortement diminué.

La plainte de beaucoup d'élus et de syndicats n'a finalement porté, pour l'essentiel, que sur ce nombre trop limité de représentants dans ces conseils de surveillance. D'ailleurs, le porte-parole du Parti Socialiste dans le domaine de la santé, Le Guen, a tenu à déclarer que, si la gauche revenait au pouvoir, « elle garderait l'aspect territoire de la loi », c'est-à-dire toutes les fermetures d'hôpitaux, mais qu'elle remettrait en cause la place réservée aux élus. C'est dire si l'on peut attendre quoi que ce soit de ces gens-là.

Paul SOREL


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