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Lutte Ouvrière n°2189 du 16 juillet 2010
Dans les entreprises

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Durisotti-Sallaumines (Pas-de-Calais) : une nouvelle fois un débrayage fait reculer le patron

Durisotti est une entreprise familiale de transformation de véhicules utilitaires. En 2009, malgré le soutien de l'État par un « plan de relance », 76 travailleurs sur les 430 étaient menacés de licenciement.

Sachant que, malgré la baisse des commandes, les actionnaires de la famille Durisotti avaient touché d'énormes dividendes pendant des années, la presque-totalité des ouvriers d'ateliers s'étaient mis en grève le 3 mai dernier. Nous n'avions pas contraint le patron à renoncer à son plan, mais en trois jours de grève il avait dû céder une prime extralégale de 25 000 euros, ce qui est bien le minimum dans la période actuelle. Cette grève a aussi permis aux travailleurs de mesurer leur force quand ils réagissent collectivement.

Le jeudi 8 juillet, presque tous les ouvriers d'atelier ont à nouveau débrayé.

Déjà, avec la canicule, la chaleur est insupportable dans les ateliers. La direction a mis en place des horaires dits d'été, commençant tôt le matin pour éviter les heures étouffantes de l'après-midi. Mais cette année, pour arrêter la production pour les congés un jour plus tôt, elle avait décidé d'imposer une heure supplémentaire par jour, jusqu'aux congés, dans les ateliers surchauffés.

Toute l'année on sue pour Durisotti, mais là c'est vraiment insupportable ! D'ailleurs, quand le patron est venu faire une réunion dans l'atelier, le 7 juillet, tout le monde a vu qu'en une heure de discours sa chemise était trempée. Alors, pour ceux qui travaillent sept heures dans cette fournaise, une heure supplémentaire l'après-midi ce n'était vraiment pas possible.

Mais ce qui a provoqué la colère, c'est qu'à cette réunion nous avons appris que, dans un secteur, certains touchaient une prime au mérite d'au moins 300 euros. Il y en aurait-il de moins méritants que d'autres ?

C'est donc pour demander l'abandon des heures supplémentaires prévues et une prime de 300 euros pour tous que nous avons débrayé, dès le lendemain matin. Tous sont sortis sur la pelouse, il n'y avait plus personne dans les ateliers. En moins de trois heures, la direction a abandonné son projet d'heures supplémentaires, donné une prime de 295 euros à tous les ouvriers, et les heures de débrayage ont été payées. Une fois de plus, on a vu que cette direction, qui dit qu'elle n'a pas d'argent, sait en trouver quand même quand elle y est forcée.

Correspondant LO


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