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Lutte Ouvrière n°2189 du 16 juillet 2010
Dans les entreprises

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AXA Life, compagnie d'assurance-vie (Royaume-Uni) : le secteur de l'assurance-vie « consolidé » sur le dos des salariés

Les 2 200 salariés d'AXA Life, la branche assurance-vie d'axa Royaume-Uni, sont inquiets et ils ont de bonnes raisons de l'être. Le PDG du groupe AXA, Henri de Castries, vient de vendre l'entreprise - et eux par la même occasion - pour 3,3 milliards d'euros au groupe Resolution.

Les négociateurs d'AXA et de Resolution se sont évidemment surtout préoccupés des intérêts des actionnaires. Résultat : les employés n'ont aucune garantie que leur emploi sera maintenu ; ils devront adhérer au régime de retraite de Resolution, qui est deux fois moins favorable que celui d'AXA. Quant à leur avenir, il est tout tracé : ils seront revendus encore une fois dans trois ans, car le seul but du PDG de Resolution est de constituer rapidement un nouveau groupe autour d'AXA Life en achetant d'autres compagnies (il en aurait neuf dans le collimateur !), de réorganiser la société ainsi créée en licenciant, en supprimant les doublons, etc., puis de la revendre en empochant un coquet bénéfice - qui plus est exempt d'impôts puisque Resolution est basée dans le paradis fiscal de Guernesey !

Le fondateur de Resolution, Clive Cowdery, est aujourd'hui très populaire dans le monde de la finance britannique. Il s'est fait connaître en 2004 quand, avec l'argent que lui avaient prêté divers investisseurs institutionnels (notamment des assureurs), il a racheté plusieurs compagnies d'assurance, les a réorganisées de façon à dégager un profit moyen de 28 % par an, puis a cédé le tout en 2007 au groupe d'assurances Pearl, pour près de 6 milliards d'euros -- avec, à la clé, une prime de 200 millions d'euros pour lui.

C'est donc en toute connaissance de cause que la direction d'AXA, après avoir demandé aux employés d'AXA Life de faire des heures supplémentaires non payées pour « sauver l'entreprise », s'acoquinent aujourd'hui avec Cowdery. Assureurs, banquiers et financiers sont d'accord pour aider ce requin de la finance à « consolider », comme ils disent, le secteur des assurances - c'est-à-dire, à augmenter leurs bénéfices.

Le tour de passe-passe de Cowdery ne crée aucune richesse. Il lui permet simplement de mettre la main sur une entreprise à revendre plus tard avec profit. De son côté, AXA récupère de l'argent frais à investir ailleurs.

Et quand de Castries dit se soucier des conséquences humaines de sa décision, il ne ment pas. Mais les seules conséquences « humaines » qui le préoccupent, lui et ses semblables, sont celles qui affectent leur portefeuille. à moins que l'inquiétude des travailleurs se transforme en colère et qu'ils donnent un grand coup de pied « consolidé » dans ce château de cartes truquées.

Correspondant LO


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