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Lutte Ouvrière n°2189 du 16 juillet 2010
Leur société

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Sur le bouclier fiscal : il ferait mieux de la boucler

Parmi les nombreuses contre-vérités assénées avec aplomb dans son interview télévisée, Sarkozy est revenu sur le bouclier fiscal. Pour en justifier la pertinence, il a prétendu qu'il n'aurait fait que copier ce qui existait en Allemagne depuis vingt ans. Faux ! Le bouclier fiscal qui existait en Allemagne, sous une forme assez différente d'ailleurs de ce qui existe en France aujourd'hui, a été abrogé en 2006. Mais ce mensonge-là n'est pas le plus choquant.

Par contre, là où l'outrance de Sarkozy dépasse la limite, c'est quand il a osé laisser entendre que, sans ce bouclier, on prendrait au plus riche tout ce qu'il gagne par son travail. Et d'avoir le culot de prétendre, essayant de faire pleurer sur le sort de Mme Bettencourt ou d'autres de la même espèce, que si on prend tout à ceux qui ont de l'argent, si l'État se montre trop gourmand à leur égard, on risque de les voir transférer leur fortune à l'étranger. Drôle de citoyens, disons-le en passant, que ces gens qui choisissent de transférer leur argent là où il est le mieux garanti, sans se soucier du reste.

Mais la mystification est ailleurs. On nous bluffe en effet quand on laisse entendre que le fisc prendrait tout, ou même la moitié des gains des riches, en ne leur laissant que l'autre moitié. Pas besoin de calculs compliqués pour démontrer, à partir des profits que réalise L'Oréal, que la part que récupère le fisc sur ses actionnaires et sur les gains de la principale d'entre eux est encore très très inférieure à la moitié de ce qu'ils gagnent annuellement.

Bien qu'en ce qui concerne l'imposition des plus fortunés on soit dans le brouillard le plus complet, on estime que ce que Mme Bettencourt paye en impôt ne dépasse pas 20 % de ses revenus, nettement moins donc en proportion que ce que payent nombre de salariés.

Quand Sarkozy ose prétendre que le bouclier fiscal est un instrument pour mettre en place plus de justice et plus d'équité, c'est plus qu'un bluff, c'est une provocation. Une de plus.

J-P. V.


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