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Lutte Ouvrière n°2224 du 19 mars 2011
États-Unis

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«L'armée, c'est l'école du crime» (Anatole France)

Le soldat de l'armée de terre nord-américaine Bradley Manning, 24 ans, a été arrêté au Koweit en mai 2010, ramené aux États-Unis en juillet dernier. Depuis, il est emprisonné sur une base des marines à Quantico, en Virginie.

Bradley Mannig est supposé avoir transmis au site Wikileaks une vidéo d'une attaque d'un hélicoptère de l'armée américaine dans laquelle onze civils irakiens ont été froidement tués. Il est également soupçonné d'avoir transmis au même site des milliers de rapports de batailles en Afghanistan qui décrivent les décès de civils, la façon dont l'armée les camoufle, la collusion avec les seigneurs de guerre afghans, la corruption des fonctionnaires locaux et l'enlisement des États-Unis et de l'OTAN dans cette sale guerre.

Le jeune homme s'était engagé en 2007 dans l'espoir d'un emploi stable. Étant bon informaticien, l'armée l'avait recruté comme analyste de renseignements. Il a ainsi eu connaissance des multiples atrocités commises par l'armée nord-américaine en Irak. Un ancien hacker à qui il aurait fait des confidences l'a dénoncé au FBI pour « divulgation de secrets militaires », raison pour laquelle il risque 52 ans de prison.

Ses conditions de détention, dénoncées par Amnesty International, sont difficiles. Il est enfermé 23 heures par jour en cellule, n'a droit qu'à une heure de promenade et une heure de télévision par jour. Il n'est pas autorisé à travailler et est constamment menotté aux mains et aux pieds durant ses visites. Cette situation est d'autant plus inacceptable que le ministère de la Justice des États-Unis a admis récemment qu'il était incapable d'établir la preuve d'un contact entre ce soldat et le patron de Wikileaks, Julien Assange. Et pourtant Bradley Manning continue de croupir en prison en attendant que des juges décident de son sort.

Cela ne surprendra que ceux qui ignorent que l'État qui a exécuté les anarchistes Sacco et Vanzetti et les communistes Ethel et Julian Rosenberg, et maintient en prison depuis trente ans l'ex-militant noir Mumia Abu-Jamal pour un crime qu'il n'a pas commis, ne traite pas mieux ceux qu'il considère comme ses ennemis que ne le font les dictatures à qui il prétend par ailleurs donner des leçons de démocratie.

Jacques FONTENOY


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