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Lutte Ouvrière n°2225 du 25 mars 2011
Leur société

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Retraites complémentaires du privé - Le patronat impose une dégradation du montant des pensions

« Les salariés ont échappé au pire » a écrit le journal patronal La Tribune, commentant la fin des négociations patronat-syndicats sur les retraites complémentaires.

Comme souvent, le patronat a visiblement employé la tactique du pire, pour sommer les syndicats d'accepter... un peu moins pire. En effet, depuis des mois, le Medef menaçait d'imposer des mesures draconiennes aux régimes complémentaires de retraite - Arrco pour tous les salariés du privé, et Agirc pour les seuls cadres - prétextant un déficit colossal et croissant. Pêle-mêle, les représentants patronaux proposaient de réduire les pensions de réversion pour les veuves et veufs, de diminuer les avantages familiaux pour ceux qui ont des enfants, faisant peser la menace de ne pas renouveler les accords concernant ceux qui partent avant 65 ans. Mais surtout le Medef voulait diminuer le rendement des pensions, c'est-à-dire le rapport entre ce qu'un salarié cotise et ce qu'il va toucher une fois à la retraite. Cette baisse de rendement est d'ailleurs continue depuis près de vingt ans, et tous ceux qui ont pris leur retraite pendant cette période ont subi une baisse relative de la valeur du point, et donc de leur pension.

Pourtant, la situation financière de l'Agirc et de l'Arrco va mécaniquement s'améliorer dans les prochaines années, avec les nouvelles lois de cet automne. Puisque l'âge de la retraite va progressivement être reculé à 62 ans, et l'âge pour bénéficier du taux plein à 67 ans, les caisses complémentaires vont, elles aussi, faire des économies : 94 milliards d'euros d'ici 2030, d'après les chiffres fournis par ces caisses. Mais cela ne suffit pas au patronat. En 2011, la revalorisation de la valeur du point ne compensera pas l'inflation. Celle de l'Agirc, concernant les cadres, la compensera encore moins que celle de l'Arcco, prétendument pour aligner les deux régimes. La seule timide concession retenue est de stabiliser le « rendement pendant la période » 2012-2015.

La conséquence de cette baisse de rendement est que le montant des retraites complémentaires qui seront versées réellement va encore diminuer pour les futurs retraités. Pourtant, ces retraites complémentaires n'ont de complémentaires que le nom. Elles représentent le tiers du montant des retraites pour les salariés non cadres du privé, et dépassent la moitié pour les cadres.

Pourtant, la question de l'équilibre financier de ces caisses, si cher au Medef, pourrait être résolue simplement, tout en garantissant à tous les salariés des retraites décentes. Il suffirait d'une simple augmentation des cotisations patronales. Mais c'est justement ce que le patronat refuse. Et c'est bien la seule raison pour laquelle le financement des retraites pose un problème, alors qu'il serait normal que le patronat paye, quitte à diminuer un peu ses bénéfices extravagants.

Bertrand GORDES


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