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Lutte Ouvrière n°2225 du 25 mars 2011
Dans le monde

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Japon - Après la catastrophe du 11 mars : Les survivants oubliés par le gouvernement

On évalue à plus de 21 000 le nombre de morts et de disparus, à la suite du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars au Japon. Mais plus de 300 000 personnes qui y ont survécu se retrouvent maintenant dans des conditions précaires et qui, dans certaines zones reculées, empirent chaque jour.

Certains villages ont dû attendre six jours avant de voir arriver des secouristes. Les rescapés n'ont pu compter que sur eux-mêmes, partageant leurs provisions, essayant de résister tant bien que mal au froid, malgré la pénurie de combustible et même de couvertures. Dix jours après le tsunami, des dizaines de milliers de sinistrés n'avaient pas pu manger de repas chauds ni recevoir les médicaments dont ils avaient besoin.

Dans certaines localités importantes, les centres d'hébergement ont accueilli plusieurs centaines de personnes, jusqu'à 1 200 dans un gymnase de Rikuzen-Tataka, une ville de 25 000 habitants qui a perdu 10 % de sa population et plus de 4 000 maisons. D'autres rescapés se sont retrouvés dispersés dans différents hébergements sans eau ni électricité, alors que la température avoisinait les moins cinq degrés.

Dans plusieurs centres, on note des cas de diarrhée, de stress, d'épuisement. Les rescapés n'ont pas d'autres vêtements que ceux qu'ils portaient au moment de la catastrophe et se sont trouvés dans l'impossibilité de se laver.

Quelques centaines de manifestants ont défilé le 17 mars à Tokyo pour protester contre la lenteur du gouvernement à s'occuper des rescapés qui attendent des secours dans les zones sinistrées du nord-est du pays. Le Premier ministre s'est excusé pour cette lenteur et la désorganisation des secours. Mais les conditions climatiques, la pluie, le verglas, la neige et la destruction des infrastructures routières, qui gênent l'acheminement des vivres et du matériel, n'expliquent pas tout. Dans une des préfectures du nord, Iwate, où 46 000 personnes étaient encore dans des centres d'hébergement le lundi 21 mars, c'est la pénurie de carburant qui empêche d'acheminer les produits de première nécessité.

Réquisitionner les stocks de carburant, les moyens de transport pour venir au secours des populations sinistrées, ce serait possible pour le gouvernement d'un pays aussi développé que le Japon.

Trois jours après la catastrophe, il a bien su trouver les 40 000 milliards de yens (350 millions d'euros) à injecter dans les circuits financiers pour « rassurer » les marchés et « empêcher la détérioration du climat des affaires ». Alors, faire que ceux qui ont survécu à une catastrophe naturelle ne paient pas de leur vie ou de leur santé la désorganisation sociale, c'est une question de préoccupation et de choix politique.

Mais le sort des survivants n'est visiblement pas la priorité dans une société plus soucieuse des intérêts des banquiers que de ceux de la population.

Sylvie MARECHAL


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