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Lutte Ouvrière n°2225 du 25 mars 2011
Dans le monde

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Journée mondiale de l'eau - L'eau polluée par la loi du fric

La journée mondiale de l'eau du 22 mars a été décidée pour mettre l'accent sur les problèmes de la population mondiale quant à son accès à l'eau. En ce début du 21e siècle, bien loin de s'améliorer, le libre accès à l'eau, besoin vital pour l'humanité, connaît une régression continue depuis plusieurs dizaines d'années.

La déforestation massive, par exemple, avec les conséquences catastrophiques qu'elle entraîne, est due à l'appât du gain de quelques grands consortiums. En Afrique, la monoculture imposée à des pays entiers pour satisfaire les besoins de quelques grandes sociétés a entraîné le bouleversement des équilibres fragiles et rendu l'accès à l'eau de plus en plus difficile pour les populations autochtones. À cela s'ajoutent les irrigations forcées, avec le détournement des rivières et l'assèchement de façon anarchique des nappes phréatiques de régions entières, avec pour conséquence un accès de plus en plus difficile à l'eau aujourd'hui, et encore plus demain.

Les pays développés sont eux aussi soumis aux méfaits de quelques compagnies géantes qui ont une emprise toujours plus grande sur ce qu'elles appellent le « marché de l'eau ». Avec Veolia Eau, filiale de Veolia Environnement, et la Lyonnaise des Eaux, filiale du géant financier Suez-Gaz de France, la France abrite deux géants mondiaux de ce secteur.

Ces deux groupes se targuent d'assurer l'approvisionnement en eau de centaines de millions de personnes dans le monde. Mais il faudrait plutôt dire qu'ils parviennent à racketter des centaines de millions d'usagers en les obligeant à se saigner pour avoir un accès minimum à l'eau. Ces compagnies sont si riches que, pour réaliser leur mainmise sur la distribution de l'eau, elles s'achètent des politiciens, des élus et même des États entiers qui leur servent de rabatteurs. Là où les populations peuvent encore payer, ce sont les porte-monnaie des ménages qui sont asséchés. Dans les pays pauvres, des millions de personnes sont privées, elles, d'un accès à l'eau.

L'eau n'est pas une denrée rare sur terre, loin s'en faut. Mais encore faut-il l'utiliser rationnellement en fonction des besoins véritables, et non de façon anarchique. Cela veut dire ne pas faire des golfs ou des espaces de verdure dans le désert pour le plaisir de quelques riches, en gaspillant énormément d'eau. Cela veut dire ne pas assécher les nappes phréatiques des pays tempérés, dans lesquels les trois quarts de la consommation d'eau sont gaspillés pour quelques cultures intensives, sans nécessité autre que d'alimenter le marché spéculatif de l'agro-alimentaire.

Dans une société rationnellement organisée pour satisfaire les besoins des populations, il n'y aurait aucun problème pour donner l'accès à l'eau nécessaire, sans restriction mais aussi sans gaspillage, ce dont est incapable le capitalisme.

Paul SOREL


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