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Lutte Ouvrière n°2225 du 25 mars 2011
Dans le monde

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Veolia - Suez : Les prédateurs de l'eau à l'œuvre

Pour partir à l'assaut du monde, les deux géants de l'eau, la Lyonnaise des eaux et Veolia, ont fourbi leurs armes en France. C'est un marché considérable : 90 milliards d'euros. Avec leur troisième compère la Saur, ils contrôlent 80 % de la distribution de l'eau dans le pays.

Toutes les enquêtes officielles, tous les rapports, de la Cour des comptes en passant par ceux du Conseil de la concurrence, ont dénoncé les ententes illicites, les surfacturations, bref le racket organisé au détriment des usagers. Ces compagnies encaissent et les collectivités payent tous les investissements avec les impôts de la population. Les profits sont considérables, mais bien difficiles à établir tant les ramifications entremêlées de sociétés viennent obscurcir le paysage.

Une des choses dont on pourrait rire, s'il ne s'agissait pas de l'appauvrissement des populations, est ce qu'il en est de la prétendue concurrence entre ces deux compagnies, qui théoriquement devrait permettre la baisse des tarifs. En fait, au-delà des appels d'offres systématiquement arrangés entre elles, les différentes enquêtes ont mis à nu la totale imbrication des deux compères, Lyonnaise et Veolia, dans une multitude de sociétés qu'ils possèdent en commun. Ce ne sont pas des concurrents, mais bien une bande organisée qui agit de concert. Les mises en garde et les demandes régulièrement adressées par toutes les instances officielles de contrôle au ministre de l'Économie n'y ont rien changé. Résultat, les tarifs de l'eau s'envolent toujours plus haut, en même temps que les profits des deux groupes.

Une des choses les plus sordides est l'agressivité de ces deux compagnies dans les pays pauvres. En particulier dans toute l'Amérique latine, de l'Argentine au Mexique en passant par la Bolivie, où ils n'ont pas hésité à priver d'eau des centaines de milliers d'habitants pour imposer leur racket.

À tel point qu'en 2005 la Bolivie a connu un véritable soulèvement populaire contre les exactions de la Lyonnaise des eaux. Pendant des semaines, des dizaines de milliers d'habitants de la capitale La Paz se sont mobilisés, affrontant police et armée pour exiger la rupture du contrat de la distribution de l'eau confiée à la Lyonnaise. Au terme de véritables batailles rangées, la population mobilisée a gagné. Il n'y a vraiment comme seule limite à la rapacité de ces requins que la colère populaire.

P. S.


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