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Lutte Ouvrière n°2232 du 13 mai 2011
Dans le monde

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Tunisie : un gouvernement hostile aux classes populaires

À la suite de l'interview de Farhat Rajhi, ministre de l'Intérieur récemment limogé, évoquant des préparatifs de coup d'État de la part du clan de l'ancien dictateur Ben Ali, des manifestations ont eu lieu à Tunis plusieurs jours de suite depuis le 5 mai, pour réclamer la démission du gouvernement et « la poursuite de la révolution ».

Ce n'était pas la première manifestation de cette nature, mais cette fois-ci la police a tué un homme par balle à Slimane, dans la banlieue de Tunis, et en a matraqué de nombreux autres, dont des journalistes. Le gouvernement s'est même excusé des violences à l'égard de ces derniers et a promis que la lumière serait faite sur cette affaire. Mais il a aussi instauré le couvre-feu à Tunis pour la journée du 7 mai.

C'est le 27 février dernier que, sous la pression de la rue, le gouvernement de Mohamed Ghannouchi avait dû céder la place à celui de Beji Caid Essebsi, qui est loin d'être un nouveau venu. Déjà ministre pendant cinq ans sous Bourguiba, puis cinq autres années sous Ben Ali (à des postes importants à chaque fois : à l'Intérieur, à la Défense...) il est la preuve vivante que l'ancien groupe dirigeant n'a pas abandonné le pouvoir. Non seulement la police, l'armée, en fait l'essentiel de l'appareil d'État du temps de la dictature, n'ont pas été balayées mais la façade du pouvoir n'a été que très peu dépoussiérée. Ajouté au fait que les procès contre les responsables des centaines de manifestants morts depuis décembre 2010 traînent en longueur, on comprend que de nombreux Tunisiens ne fassent pas plus confiance à ce gouvernement qu'au précédent. Ceux qui aspirent à un véritable changement en faveur des couches populaires n'ont rien à attendre de ce gouvernement ni de la clique de profiteurs qui restent au pouvoir.

Sur le plan social, rien ne s'améliore. Le Premier ministre Caïd Essebsi, dans une interview télévisée le 8 mai, avait déclaré, à propos des grèves qui continuent pour des augmentations de salaire et des embauches, qu'il n'avait pas les moyens, en ces temps de crise, de les accorder. Mais ce sont les travailleurs qui ont raison de ne compter que sur leurs luttes et qui auront tout intérêt à aller contrôler ce dont disposent réellement l'État et les patrons.

Stéphane FORT


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