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Lutte Ouvrière n°2238 du 24 juin 2011
Dans le monde

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De Metaleurop à la Zambie : Les méfaits du trust Glencore

Le nom de l'entreprise Glencore, deuxième plus grosse fortune de Suisse après Nestlé, ne dit sans doute pas grand-chose aux travailleurs de France, sauf aux 830 salariés de Metaleurop à Noyelles-Godault dans le Pas-de-Calais, licenciés par les actionnaires de Glencore en janvier 2003.

À l'époque, la lutte de ces travailleurs contre leur licenciement avait mis à la mode le terme de « patron voyou » lancé par Chirac. Mais même si les méthodes de ce patron, prévenant par un fax de la fermeture de l'usine, étaient particulièrement odieuses, elles ne faisaient que reproduire les méthodes d'autres patrons voyous.

De plus Glencore, en se retirant, laissait une importante pollution à Noyelles-Godault : 13 % des enfants de moins de 15 ans dans les communes entourant l'usine avaient un taux alarmant de plomb dans le sang, les sols étaient truffés de métaux lourds au point que les légumes cultivés dans les jardins ont été interdits à la consommation.

Mais quand on est voyou et pollueur, on ne se refait pas. Aujourd'hui, c'est en Afrique que Glencore continue ses méfaits en exploitant les travailleurs dans ses mines de cuivre en Zambie et en dévastant là encore toute une région. À la mine de Mufulia, l'air sent le dioxyde de soufre et l'eau a le goût de l'acide sulfurique.

Mais comme l'a montré l'excellent reportage diffusé sur Arte le 31 mai dernier, Glencore pollue tout en recevant des aides de la Banque européenne d'investissement, la BEI, soi-disant pour réduire les émissions polluantes.

C'est seulement suite à des interventions d'ONG accusant Glencore d'évasion fiscale et de graves atteintes à l'environnement que la BEI a finalement décidé de ne plus accorder pour l'instant de financements à ce géant suisse des matières premières.

Tout cela n'a pas empêché Glencore de réussir son entrée à la Bourse de Londres en mai 2011. Il paraît que les fonds souverains du Golfe et d'Extrême-Orient et les investisseurs des pays émergents se sont précipités pour acheter des titres. 480 associés de Glencore se partagent les trois quarts des actions mises en vente et pourront s'enrichir de l'exploitation éhontée de milliers de travailleurs dans des pays où règnent la dictature et la corruption.

Au Katanga, où Glencore exploite des mines de cuivre et de cobalt, il est accusé de violation des droits de l'homme et de pollution des cours d'eau. Le journal Le Monde du 1er juin rapporte que de graves soupçons de délit d'initiés pèsent sur sa filiale céréalière néerlandaise. Elle aurait soudoyé un haut fonctionnaire de la PAC pour qu'il lui fournisse des informations confidentielles. Et le même journal rapporte qu'en Colombie ses exploitations de charbon sont situées sur des terres dont des paysans sont expropriés de force par les milices d'extrême droite.

Voilà celui que certains ont qualifié de patron voyou, ce qu'il est. Mais il est à l'image de cette classe capitaliste qui met la planète en coupe réglée et assure par l'exploitation des travailleurs les profits des actionnaires.

Catherine OLIVIER


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