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Lutte Ouvrière n°2241 du 15 juillet 2011
Leur société

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Aggravation de la crise financière : les gouvernements en guerre contre leurs peuples

Depuis le 11 juillet, un vent de panique s'est emparé de toutes les Bourses du monde devant les derniers rebondissements de la crise financière sur les dettes des États. Il aura suffi qu'une agence de notation, Moody's, dégrade la note de la fiabilité financière du Portugal, pour qu'en quelques jours on en soit à se demander si on se dirige vers une crise financière bien pire que celle de 2008.

Le taux des emprunts que l'État portugais est obligé de faire pour combler le trou laissé par ses banques est brutalement grimpé en quelques jours à 17 %. Ces taux d'intérêt usuraires vont être encaissés par les grandes banques et autres organismes financiers, sur la sueur et le sang du peuple portugais à qui on réclame déjà de nouveaux sacrifices. Tout comme en Italie, qui a subi le même traitement de la part des mêmes agences de notation. L'Italie a du coup vu les taux d'intérêt de l'argent qu'elle doit emprunter atteindre des sommets. Et voilà que Merkel, qui dirige le gouvernement allemand, demande des coupes supplémentaires dans le budget de l'Italie, qui devraient s'ajouter aux 47 milliards de coupes déjà décidées et qui vont avoir des conséquences dramatiques pour toute la population. Et tout cela sans parler de la dette grecque qui a été remise sur le tapis.

Sous prétexte que tel ou tel État pourrait se trouver en difficulté pour payer les intérêts et le capital de ses emprunts, les marchés financiers, les grandes banques et autres institutions financières, augmentent les taux d'intérêt auxquels elles consentent à prêter, précipitant l'étranglement de l'État visé.

Dans ces conditions, les sacrifices demandés aux populations pour payer la dette sont sans fin. Il faudrait accepter que la majorité de la population soit réduite à la misère, se voie privée de l'accès aux soins, à l'éducation, au logement, simplement pour rassurer ces fameux financiers, et qu'ils soient sûrs que leur dîme leur sera payée rubis sur l'ongle.

Mais ces marchés financiers auxquels chacun fait référence, et qui vivent leur propre vie, de façon irrationnelle, sont tout sauf anonymes. Ce sont les grandes banques, ici la BNP, la Société générale et autre Crédit agricole, les compagnies d'assurance comme AXA, les fonds d'investissement comme ceux de la famille De Wendel-Seillière et de toutes les grandes familles bourgeoises, Bolloré, Michelin, Mulliez, Dassault et autres, mais aussi les banques de la famille Peugeot, de Renault. À la base ils sont alimentés par les milliards de profits extorqués aux travailleurs, en France et dans tous les pays, par les grands groupes capitalistes.

Toute la société se trouve soumise à la dictature de cette finance, les travailleurs bien sûr en premier, mais bien au-delà toutes les couches de la population. Et les États s'en font les exécuteurs financiers contre leurs propres peuples.

Il n'y a aucune raison de se soumettre aux diktats de ces usuriers du 21e siècle qui, en plus des sacrifices sans limites qu'ils exigent, risquent de précipiter le monde entier vers la catastrophe économique.

Bien sûr, la première mesure serait d'annuler ces dettes et d'exproprier toutes ces banques et organismes financiers. Mais au-delà, il est urgent d'arracher la direction de l'économie et de la société à ces fous dangereux, totalement irresponsables, que sont ces spéculateurs, banques, financiers et industriels.

Paul SOREL


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