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Lutte Ouvrière n°2248 du 2 septembre 2011
Dans le monde

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Sénégal : la mer pillée

Avec ses 700 km de côtes, les ressources tirées de la pêche devraient permettre à la population sénégalaise de mieux se nourrir. Mais de nombreuses familles populaires doivent se contenter de plats sans poisson, apport nutritionnel de base.

La raison : un pillage systématique organisé par des bateaux-usines des grandes compagnies de l'Union européenne notamment, mais aussi chinoises, japonaises, russes, qui sévissent sur les côtes de l'Ouest africain. De 500 à 800 bateaux des pays de l'UE ratissent ainsi les fonds marins sans aucune sélection des prises. Pendant des campagnes qui durent de deux à trois mois, les bateaux ne laissent rien sur leur passage.

Les petits pêcheurs, eux, sont cantonnés près des côtes. Techniquement moins dotés, ils pêchent des poissons en eaux peu profondes : anchois, chinchards, harengs, maquereaux, sardines... Leurs campagnes de pêche se limitent à quelques heures. Ils crient donc avec raison leur colère contre les gros pilleurs et les gouvernements complices.

Le pillage est organisé sous couvert d'accords de partenariat signés entre les pays membres de l'Union européenne et les pays côtiers africains. De tels accords ont été signés avec des pays comme la Mauritanie, le Maroc, la Guinée-Bissau, le Sénégal... En contrepartie, le gouvernement du pays africain concerné perçoit une somme forfaitaire. Ainsi, les dirigeants du Sénégal auraient empoché moins d'une dizaine de millions d'euros. La somme globale versée aux États de la zone avoisine les 150 millions d'euros, alors que les prises totales génèrent près de 8,2 milliards d'euros.

Un partenariat qui n'a rien d'équitable, seulement taillé à la mesure de quelques pirates des mers.

Vincent MERLET


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