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Lutte Ouvrière n°2271 du 10 février 2012
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Indemnisation du chômage partiel : les patrons sous assistance renforcée

À la demande du gouvernement, le patronat et quatre syndicats viennent de signer un accord modifiant l'indemnisation du chômage partiel. La CGT a réservé sa réponse.

Le gouvernement présente cet accord comme un avantage pour les travailleurs frappés par le chômage partiel, car ils seraient un peu plus vite et un peu moins mal indemnisés. Et surtout, prétend-il, c'est un moyen d'éviter les licenciements.

Mais, quand on y regarde de plus près, le grand gagnant de l'opération, c'est le patronat.

En cas de chômage partiel, l'État augmentera de un euro de l'heure l'allocation versée pour soulager d'autant les employeurs. Et en cas de chômage partiel de longue durée, dit APDL (activité partielle de longue durée), l'Unedic participera au financement dès la première heure au lieu de la 51ème heure auparavant. Il faut préciser que les caisses de l'Unedic sont alimentées par les cotisations prises sur les salaires. Donc, cet argent provenant du travail des salariés servira à indemniser des mesures de chômage partiel décidées par... les employeurs ! Les deux dispositifs se cumulant, le chômage partiel de longue durée ne coûtera plus un sou au patron pour les salariés qu'il paye au smic et lui coûtera 36 % de moins pour ceux qu'il paye à 1,6 smic.

En cas de chômage partiel de longue durée, l'employeur devait auparavant s'engager à ne pas licencier pendant six mois. Cet engagement est maintenant réduit à quatre mois.

Et « afin de simplifier » la tâche des patrons, explique le quotidien économique Les Échos, « le gouvernement va supprimer l'autorisation administrative préalable » de mise en chômage partiel.

Cet accord, censé empêcher les licenciements, se contente de les repousser de quelques mois, alors qu'il faudrait les interdire tout le temps. Quant au maintien des salaires pour les travailleurs au chômage partiel, il devrait être total, ce que ne prévoit pas cet accord, et pris sur les profits déclarés ou cachés des employeurs et de leurs actionnaires.

Au lieu de cela, encore une fois, sous prétexte d'améliorer un petit peu la situation de telle ou telle catégorie de salariés, c'est la situation du patronat à laquelle il est donné un grand coup de main. Et, c'est un comble, avec de l'argent qui devrait revenir aux travailleurs !

Paul SOREL


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