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Lutte Ouvrière n°2280 du 13 avril 2012
Dans le monde

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Mali : une situation économique dramatique

Comme tous les pays de la zone semi-désertique du Sahel, qui s'étend de la Mauritanie au Soudan, le Mali est aujourd'hui frappé par une grave crise alimentaire. Dans la région, 13 à 15 millions de personnes sont menacées par la famine, dont 3 millions au Mali.

Le Mali, grand comme deux fois la France et peuplé de 10 millions d'habitants, est un des vingt pays les plus pauvres du monde. Il a été victime du commerce des esclaves, il a été ravagé par la conquête coloniale à la fin du 19e siècle, pillé par les administrateurs et les commerçants français, qui y ont imposé la culture du coton et de l'arachide. La pauvreté s'est traduite par l'émigration de nombreux jeunes. L'agriculture et l'élevage occupent les trois quarts de la population. Le pays a peu de ressources minières, mais on vient de découvrir dans le nord du pays des gisements pétroliers prometteurs, qui pourraient susciter l'appétit des groupes pétroliers et peut-être expliquer le récent regain des tendances indépendantistes.

Le grand fléau au Mali est la sécheresse. La saison sèche dure huit à dix mois par an. En mai ou juin commence la « saison de la faim », période de soudure avec la récolte nouvelle. Mais tous les dix à douze ans environ, la sécheresse dure toute l'année, détruisant les récoltes, faisant périr le bétail et affamant la population. La sécheresse a déjà sévi en 2010 et elle revient avant que les dégâts aient été réparés et les stocks reconstitués. Le prix des céréales monte, d'autant plus que la récolte 2012 sera mauvaise. Les paysans descendent vers le sud, moins désertique, et se réfugient dans les villes comme Kayes ou Bamako.

Les organismes de l'ONU, comme l'Unicef ou la FAO, ont averti depuis longtemps de l'approche de la sécheresse. Mais l'argent manque pour lancer les programmes d'aide alimentaire, les pays riches ne veulent pas les financer. Et lorsque les aides arriveront, trop faibles, encore faut-il qu'elles parviennent aux affamés et ne soient pas, comme trop souvent, détournées par les dirigeants en place qui se font construire ces luxueuses villas surnommées « villas sécheresse ».

La famine menace des millions d'hommes, de femmes et d'enfants, au Mali, au Niger, au Tchad, au Burkina, en Mauritanie. Mais l'argent qui pourrait les sauver sert à la spéculation, y compris sur les denrées alimentaires, quitte à aggraver leur pénurie. Au-delà de la sécheresse et des méfaits de la nature, il y a le rôle des prédateurs de l'économie.

Vincent GELAS


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