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Lutte Ouvrière n°2286 du 25 mai 2012
Dans le monde

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Afrique : pollution et empoisonnement des populations L'héritage empoisonné de l'impérialisme

Il y a bien longtemps que les grandes puissances ont étendu leur emprise sur l'ensemble de la planète. Les régions les plus reculées et les moins développées ont été transformées en fournisseurs de matières premières et de main-d'œuvre, dans le cadre du marché mondial. Mais le développement d'activités économiques qui en a résulté s'est accompagné de lourdes conséquences pour les populations locales.

Deux procès récents ont montré les ravages de la silicose chez les mineurs d'Afrique du Sud, et ceux de la pollution par les mines d'uranium au Niger.

En Afrique du Sud, des milliers d'anciens mineurs sont en procès contre les trois principales compagnies d'extraction d'or. Après avoir fait la richesse des actionnaires, ils sont rentrés dans leurs villages d'Afrique du Sud mais aussi du Zimbabwe, du Lesotho et du Botswana, les poumons encrassés de silice. Selon une étude, près de 300 000 d'entre eux devraient avoir droit à une indemnisation -- dans les années 1980, les mines d'or employaient un demi-million de personnes.

Comme l'a expliqué un de leurs avocats : « Soutenues par le gouvernement, les compagnies minières recrutaient en Afrique australe des jeunes migrants noirs en bonne santé, les exploitaient, puis les renvoyaient chez eux une fois qu'ils étaient cassés, abaissant ainsi leurs coûts de travail et augmentant d'autant leurs profits. » Les premiers masques respiratoires n'ont été distribués que dans les années 1990, précisément au moment où l'activité de ces mines a décliné. Le capital des compagnies minières venait du monde entier, en particulier de Grande-Bretagne. Au moins une société britannique, l'AngloAmerican, est elle aussi impliquée dans un procès à Johannesburg et dans un recours à Londres.

Au Niger, la nocivité des mines d'uranium a été mise en évidence une nouvelle fois par la condamnation d'Areva, le 11 mai, par le tribunal des affaires de Sécurité sociale de Melun. La responsabilité d'Areva a été reconnue dans la mort par cancer d'un ancien salarié d'une de ses filiales exploitant des mines d'uranium dans ce pays. Le trust français du nucléaire y pollue des régions entières. Aux dires de Greenpeace, dans les zones voisines des villes d'Arlit et d'Akokan, les eaux sont contaminées et les résidus entreposés en plein air polluent les sols et les cultures. Bien souvent les déchets miniers servent de matériau pour la construction des habitations. De même la région de Mounana au Gabon, où les mines d'uranium sont désormais fermées, souffre de semblables pollutions. Dans ces régions, comme en Afrique australe, de nombreux travailleurs rentrés au village sont morts sans s'être jamais rendu compte de leur contamination.

Areva se vante volontiers de sa contribution au développement économique et sanitaire du Niger, et les sociétés minières sud-africaines tiennent probablement le même langage. Mais leur seul but est le profit et, si leur activité a parfois des retombées favorables pour une fraction de la population, elles sont peu de chose à côté des nuisances et des pollutions que ces sociétés laissent derrière elles.

Vincent GELAS


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