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Lutte Ouvrière n°2300 du 31 août 2012
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Racket de l'essence : Le gouvernement complice des pétroliers

Finalement, la baisse du prix des carburants pourra aller « jusqu'à 6 centimes par litre », a annoncé le ministre de l'Économie, Pierre Moscovici.

La modicité de cette baisse, - et le « jusqu'à » suppose qu'elle sera sans doute moindre - n'est pas une surprise, puisque le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait annoncé la semaine dernière, une baisse du prix des carburants « modeste et provisoire », avant de préciser lundi soir son ordre de grandeur. On est donc très très loin des promesses de campagne de François Hollande, pourtant bien timides, qui avait dit et écrit, vouloir bloquer le prix de l'essence pendant trois mois.

Eh bien, tout cela est oublié, malgré la flambée du prix des carburants. Après un tout petit répit, les prix à la pompe atteignent désormais des records. D'après les chiffres gouvernementaux, le litre de diesel atteint désormais 1,4592 euro en moyenne.

Pour trouver les 6 centimes de diminution, le gouvernement a indiqué que la fiscalité des carburants diminuera légèrement pendant trois mois, de 3 centimes par litre de carburant. Ce qui correspond à 300 millions d'euros de manque à gagner... qu'il devra trouver ailleurs. Les autres trois centimes de diminution viendront, paraît-il, des pétroliers qui, grands seigneurs, diminueront leur marge. Total, présent sur tous les fronts du pétrole, de l'extraction à la distribution en passant par le raffinage et la spéculation, a annoncé qu'il baissera ses prix à la pompe de... 2 centimes, sauf dans les stations d'autoroutes où la baisse pourra atteindre, c'est royal, 3 centimes. Les magasins Leclerc avaient anticipé, en claironnant partout qu'ils vendraient l'essence « à prix coûtant », en fait en faisant comme les autres. Carrefour s'est déclaré « très déterminé et nous voulons montrer que nous voulons aider les Français en cette période de rentrée. Nous, nous avons baissé déjà beaucoup les prix et nous les baisserons le plus possible, sans aller jusqu'à franchir le seuil de revente à perte ». Sans mentir !

Le représentant des distributeurs indépendants indique qu'il est hors de question de baisser leur marge.

Comme on le voit, il n'est pas du tout sûr que les 6 centimes de baisse voient réellement le jour. Car le gouvernement a choisi de n'opérer aucune contrainte vis-à-vis des pétroliers. Il a précisé ne compter que sur « la discussion », que sur la bonne volonté des industriels.

Total a pu engranger 12 milliards de bénéfices l'an dernier. Que cette firme ne contribue pas à réduire la facture est impensable ! Qu'elle puisse au contraire augmenter aujourd'hui ses bénéfices est criminel. Alors, que dire du gouvernement qui veut considérer cela comme « normal » !

Bertrand Gordes


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