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Lutte Ouvrière n°2306 du 12 octobre 2012
Dans le monde

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Grèce : l'austérité continue ses ravages

Mardi 9 octobre, la chancelière allemande Angela Merkel est venue quelques heures en Grèce discuter avec le Premier ministre Antonis Samaras, chef du gouvernement de coalition de droite (Nouvelle démocratie) et de gauche (Pasok et Gauche démocratique).

Pour la circonstance, le gouvernement grec avait mobilisé 6 000 policiers -- tireurs d'élite, brigade antiémeute -- 300 garde-côtes, et fait vider les rues du centre d'Athènes. Plus de 40 000 manifestants se sont tout de même rassemblés non loin de l'Assemblée, les uns à l'appel des syndicats du privé (GSEE) et du public (Adedy) auxquels s'étaient joints des représentants de Syriza (Coalition de la gauche radicale), les autres à l'appel du syndicat PAME et du parti communiste (KKE).

Il paraît que cette visite voulait exprimer le soutien d'une Merkel « amie de la Grèce ». Mais les milliers de manifestants athéniens, et une bonne partie des Grecs, y ont plutôt vu une provocation. Les financiers et les politiciens allemands sont en effet considérés comme le noyau dur des créanciers et des partisans des mesures d'austérité qui écrasent la population, même si cette responsabilité est largement partagée par tous les banquiers et les chefs de gouvernement -- et le gouvernement français n'est pas en reste -- qui conditionnent « l'aide » financière aux « efforts » faits par la Grèce pour « réformer » son économie et son administration.

Depuis juin, le gouvernement grec attend le déblocage d'une tranche de 31,5 milliards d'euros, en échange desquels la Troïka (l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le FMI) réclame de nouvelles mesures propres à asphyxier encore davantage la population : réduction supplémentaire des salaires et des retraites pour 2013, semaine de travail de six jours au lieu de cinq, suppression envisagée des allocations familiales, etc. ainsi que la mise en œuvre des privatisations. Un certain nombre de grandes sociétés s'impatientent en effet devant le retard que prend la privatisation de l'Opap, (organisme de paris sportifs). Mais elles regardent aussi vers celle des ports, des services des eaux, de l'énergie.

Ce sont autant de sujets qui ont sans doute également motivé la visite de Merkel, comme le notait la presse grecque. Les grandes sociétés allemandes s'intéressent de près aux investissements dans l'énergie électrique, au projet Hélios (panneaux photovoltaïques), à l'ancien aéroport d'Athènes, à la société de chemin de fer Trainose, et à toutes sortes de terrains propres à des équipements touristiques. Mais elles ne sont pas seules et il s'agit de se placer très vite.

Tout cela se déroule au milieu de scandales divers, comme la disparition d'une liste d'hommes d'affaires et de politiciens grecs ayant jugé bon de faire évader leurs capitaux vers la Suisse. La population, elle, continue à survivre -- et encore pas toujours -- dans des conditions catastrophiques, avec des prix parmi les plus élevés d'Europe selon les dernières statistiques d'Eurostat, un chômage à 24 %, des salaires en baisse d'au minimum 30 % mais souvent de bien plus, et des services publics délabrés : les médecins et même les juges et les procureurs font des grèves à répétition, sans parler des travailleurs des transports.

La médecine administrée par les dirigeants européens, comme Merkel ou Hollande, mais aussi par les dirigeants grecs eux-mêmes, est en train de tuer le malade, mais celui-ci n'est pas prêt à se laisser faire.

Sylvie MarÉchal


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