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Lutte Ouvrière n°2307 du 19 octobre 2012
Dans le monde

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Belgique : nationalistes flamands et sociaux-démocrates, deux impasses

Dimanche 14 octobre, les votes des huit millions d'électeurs dans les 589 communes de Belgique ont été marqués par la poussée de la N-VA. La N-VA (Nouvelle alliance flamande) est arrivée en tête en Flandre, avec plus de 31 % des voix en moyenne. Les 38 % de son leader Bart De Wever à Anvers devraient lui offrir le poste de bourgmestre.

Les listes de la N-VA ont gagné des voix sur tous les autres partis et récupéré une bonne part des voix du Vlaams Belang (ex-Vlaams Block) d'extrême droite, qui a reculé de 20-23 % des voix à souvent moins de 10 %.

En Wallonie, les évolutions sont bien moins importantes et le PS reste en tête. Ce qui est notable aussi est l'augmentation des votes blancs et de l'abstention -- alors que le vote est obligatoire, même si depuis longtemps aucune sanction n'a été appliquée -- qui est passée de 8 % à 12 % en moyenne en Wallonie.

Sitôt connue sa victoire, Bart De Wever a lancé à la télévision : « Nous sommes le plus grand parti de Flandre, nous devons défendre cette position de la rue du village à la rue de la Loi » [siège du gouvernement fédéral]. Et de faire appel à une « réforme confédérale », en ajoutant : « Ce gouvernement fédéral qui n'a pas la majorité en Flandre n'est pas soutenu par les Flamands. »

Même si l'indépendance de la Flandre n'est pas pour demain, cette victoire du parti nationaliste flamand va permettre au patronat flamand regroupé dans la VOKA -- dont Bart de Wever a déclaré que c'était son vrai patron -- d'avancer vers la séparation financière encore plus poussée du pays : les impôts, la Sécurité sociale, la gestion du chômage, etc.

Les travailleurs de Flandre n'ont donc aucune raison de se réjouir de l'ascension des nationalistes flamands : le patronat y trouvera sans doute son compte, notamment par des réductions d'impôts permises par la diminution des transferts vers la Wallonie plus pauvre. Mais, encore plus dans cette période de crise, le patronat flamand s'attaquera aux travailleurs de Flandre, pour réduire les salaires, tenter de supprimer ce qui reste de leur indexation, réduire les versements de la Sécurité sociale, aggraver la chasse aux chômeurs, réduire leurs indemnités, etc.

De leur côté, les travailleurs de Wallonie et de Bruxelles n'ont aucune raison de se réjouir du fait que le PS reste dominant. Ce sont les dirigeants du PS des années 1960-1970 qui ont été responsables de l'exacerbation de la division Flandre-Wallonie et de la montée du nationalisme. Quant au PS d'aujourd'hui, il n'a aucune réticence à s'allier à la droite libérale ou sociale-chrétienne pour imposer l'austérité à la population -- en conséquence du sauvetage des banques en faillite -- tant au niveau fédéral qu'au niveau de la Wallonie et de Bruxelles. Sa politique n'offre aucune perspective aux travailleurs, pas plus que la poussée nationaliste en Flandre. Mais le discrédit de l'un explique, au moins en partie, le succès de l'autre.

Claude THIÉRAM


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