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Lutte Ouvrière n°2311 du 16 novembre 2012
Dans le monde

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Espagne : colère contre les expulsions scandaleuses

Depuis deux semaines en Espagne, les manifestations contre les expulsions de milliers de familles de leur logement, acheté à crédit et qu'elles ne peuvent plus payer, se sont accélérées. Ils étaient nombreux, dimanche 4 et vendredi 9 novembre, à manifester pour dénoncer les « banquiers assassins » à Madrid, à Murcie ou au Pays basque.

La colère est d'autant plus forte que durant les deux semaines précédentes, deux « expulsables » ont choisi de se donner la mort, juste avant d'être jetés à la rue. Le gouvernement de droite de Rajoy, en accord avec le PSOE, admet aujourd'hui qu'il faut réviser les procédures. Mais il ne s'agirait en fait que d'un léger coup de frein. Or c'est un coup d'arrêt qui doit être imposé : les expulsions doivent être interdites.

Depuis le début de la crise en 2008, c'est quelque 400 000 familles qui ont été frappées par ces mesures d'expulsion : 300 000 sous le gouvernement socialiste de Zapatero, et 100 000 depuis l'arrivée du gouvernement de Rajoy en décembre 2011. On assiste cette année à une hausse de 20,6 % du nombre d'expulsions par rapport à la même période de l'année dernière ; plus de 500 expulsions par jour ont lieu !

En effet, les revenus des classes populaires ne cessent de baisser : le taux de chômage atteint les 25 %, la réforme du Code du travail rend les licenciements plus faciles et moins chers, dans le privé comme dans le public. Les salaires sont amputés et les prix augmentent.

Mais les problèmes pour ceux qui ont perdu leur logement ne s'arrêtent pas à la confiscation de leur appartement ou de leur maison par la banque. Les intérêts de leur emprunt continuent à courir et les familles paient pour un bien qu'elles n'ont plus. C'est une saignée bien souvent à vie, les plongeant encore plus dans le désespoir.

Depuis que les mesures d'expulsion se sont généralisées, la solidarité des voisins, de la population s'est développée, en particulier grâce à la mobilisation impulsée par le mouvement des « indignés », le 15-M, depuis mai 2011.

Des dizaines d'expulsions ont aussi été empêchées ou ajournées. Mais les drames sont quotidiens et la révolte face à ces attaques contre la population victime de la crise s'amplifie. Les banques, comme Bankia par exemple, ont reçu des milliards de l'État pour se remettre des opérations spéculatives faites en particulier dans l'immobilier, qui auraient pu les entraîner dans la faillite. D'un côté, elles empochent l'argent de l'État -- du contribuable -- et de l'autre, elles font payer leurs victimes en appliquant des clauses abusives. Cela passe de plus en plus mal ; de nombreux juges dénoncent l'inhumanité de la loi et le principal syndicat de policiers a averti qu'il défendra tous ceux d'entre eux qui se refusent à participer à une action d'expulsion.

Par ailleurs, la Cour de justice européenne a été saisie sur ces procédures abusives de recouvrement des impayés et un moratoire pourrait être décidé. Du coup, le gouvernement, en concertation avec le PSOE, parle d'une éventuelle révision de la loi qui permettrait, non pas d'effacer les dettes, mais de maintenir au cas par cas les familles dans leur logement moyennant un loyer. Mais le minimum serait que toutes les familles soient, en cette période de crise, maintenues dans leur logement.

Hélène GRILLET


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