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Lutte Ouvrière n°2312 du 23 novembre 2012
Dans le monde

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Surendettement des États : la dette nourrit la dette

Mardi 20 novembre, les ministres des Finances de la zone euro et la directrice générale du Fonds monétaire international ont décidé de reporter leurs versements à la Grèce. Cinq milliards d'euros auraient dû être versés en septembre, 8 milliards en décembre, et 31,5 milliards d'euros en juin dernier pour permettre à la Grèce d'échapper à la faillite.

Les députés grecs ont voté les nouvelles mesures dites d'économies budgétaires exigées en contrepartie, par exemple le licenciement de 125 000 fonctionnaires d'ici à 2016.

Le traitement infligé à la Grèce et aux Grecs a enfoncé mois après mois l'économie dans la récession et la population dans la misère. Et au lieu de réduire le déficit et l'endettement de l'État -- c'était leur justification officielle -- les plans d'austérité successifs ont abouti au résultat contraire. Alors que la Grèce était censée réduire le niveau de sa dette à 120 % de son produit intérieur brut (PIB) d'ici 2020, rien n'y a fait : l'endettement de l'État grec, depuis, n'a cessé de croître, passant de 150 % du PIB en 2010 à 170 % en 2012, pour atteindre sans doute 190 % d'ici à 2014, renvoyant aux calendes, voire rendant illusoire à terme toute perspective de redressement financier.

Face à cette situation, les États de la zone euro, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI) sont divisés sur la marche à suivre. Détenant désormais 75 % de la dette de l'État grec, après en avoir débarrassé les banques, ils en sont devenus les principaux créanciers. La balle est donc dans leur camp. Mais Christine Lagarde au nom du FMI, avant de débourser sa part des prêts prévus, exige des Européens qu'ils « restructurent » la dette de l'État grec, autrement dit qu'ils réduisent, voire abandonnent tout ou partie de leurs créances. Une solution qu'ils refusent d'envisager. D'où une partie de bras de fer qui, jusqu'à maintenant, a différé le déblocage des prêts et fait peser une menace sur la Grèce, dont les caisses sont vides. Les grandes banques, qui se sont débarrassées des obligations grecques qu'elles détenaient, s'en tirent bien : ce sont les contribuables qui épongeront les pertes.

En Grèce, comme dans tous les autres États de la zone euro, les gouvernements imposent aux populations des plans d'économies drastiques, sous prétexte de réduire le déficit du budget de l'État, de réduire sa dette pour, à terme, relancer l'économie. C'est un mensonge. Partout, l'accumulation des mesures d'austérité aboutit et aboutira aux mêmes résultats : elle appauvrit les États et les populations, fait exploser le chômage, plonge les économies dans la récession et gonfle l'endettement public. Sur un an, de juin 2011 à juin 2012, le taux de la dette publique est passé de 101 à 111 % du PIB en Irlande, de 66 % à 76 % en Espagne, de 121 % à 126 % en Italie. En France ce taux est passé de 86 % à 91 % soit une dette passée de 1 696 milliards d'euros à 1 832 milliards d'euros. Pour le plus grand profit des banquiers, dont l'endettement des États est devenu l'une des principales sources de revenu.

Jean-Jacques LAMY


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