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Lutte Ouvrière n°2313 du 30 novembre 2012
Dans le monde

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Grèce : encore un plan d'aide aux banques

Les ministres de la zone euro ont trouvé un accord pour verser près de 44 milliards d'euros « d'aides » à la Grèce, qui devrait prendre effet à la mi-décembre.

Les discussions ont été âpres : le Fonds monétaire international réclamait l'effacement d'une partie de la dette, la Banque centrale européenne (BCE) et plusieurs gouvernements européens y étaient hostiles, et pour cause : en rachetant cette dette à leurs banques privées, ils l'ont transformée en dette publique et se voyaient mal présenter la note à leur opinion publique, qu'ils soient en précampagne électorale comme en Allemagne ou sans échéance particulière comme en France.

Ils ont donc imaginé un montage qui a tout d'une usine à gaz mélangeant, entre autres, la baisse des taux d'intérêt, l'allongement de la durée de remboursement des prêts consentis à la Grèce et un report du paiement des intérêts au Fonds européen de stabilité financière. Au passage, ils se seraient engagés à reverser à la Grèce, sur un compte bloqué, les plus-values sur les titres de dette qu'ils ont acquis à un prix avantageux, au titre de l'année 2013. Un petit « geste », selon la presse économique, qui rappelle que prêter, même à un débiteur asphyxié, cela rapporte à court terme.

Tout cela, paraît-il, devrait ramener la dette grecque à 124 % du produit intérieur brut en 2020, au lieu des 190 % envisagés pour 2014, et remettre l'économie du pays sur le chemin de la croissance.

En réalité, vu l'état de délabrement de l'économie grecque dont la production décroît régulièrement, il est évident que les 43,7 milliards, qui seront versés en plusieurs étapes, n'arrêteront pas la spirale de l'endettement et ne sortiront pas le pays de la crise.

En effet, si près de 11 milliards devraient être employés par l'État pour payer des salaires, des retraites et des fournisseurs, neuf autres ne devraient arriver qu'au premier trimestre 2013. Mais surtout, près de 24 milliards ne serviront qu'à recapitaliser les quatre banques principales, qui ensuite s'en serviront pour leurs propres intérêts. C'est ce qu'attendent avec impatience les milieux d'affaires qui échafaudent régulièrement des plans de restructuration et de concentration bancaire.

La population, elle, a comme perspective un taux de chômage de 26 % à 29 %, selon les chiffres des centrales syndicales, et un niveau de vie en chute libre : le gouvernement reconnaît lui-même une baisse de 35 % depuis 2009.

Sylvie Maréchal


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