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Lutte Ouvrière n°2320 du 18 janvier 2013
Dans le monde

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L'intervention militaire au Mali : troupes françaises hors d'Afrique !

Bien des habitants du Mali, ainsi que des Maliens vivant en France, espèrent peut-être que la décision d'intervention militaire du gouvernement français les protégera des bandes armées qui terrorisent la population du Nord au nom de Dieu. Ces fanatiques intégristes, abondamment armés depuis la chute du régime de Kadhafi et renforcés de mercenaires chassés de Libye, prétendent appliquer une « charia » destinée à renforcer leur pouvoir, par la peur, contre les habitants, et en particulier les femmes. Mais ce n'est pas des troupes françaises que la population peut attendre une réelle protection.

Cette opération Serval déclenchée le 11 janvier, même si elle est présentée officiellement comme un soutien à l'armée malienne dans son intention de s'opposer à la progression vers le sud des pick-up des bandes dites « djihadistes », n'est qu'une intervention militaire de plus, menée par l'impérialisme français dans ce qu'il considère comme sa zone d'influence. Et dans cette montée en nombre des militaires français présents sur place, venant de France ou déplacés depuis le Burkina Faso, Abidjan ou N'Djamena, jusqu'à représenter 2 500 ou 3 000 hommes, l'intérêt des populations locales n'a pas grand-chose à voir.

Depuis la fin de la colonisation, toute la région est mise en coupe réglée par les grandes puissances, impérialisme français en tête, obsédées par la richesse de son sous-sol, en pétrole et en gaz souvent, ici en or, en fer et en uranium. Le pillage du sous-sol et du sol par les groupes capitalistes a pour corollaire une misère grandissante des villageois privés de terres, chassés par les conflits que se livrent les bandes armées qui prospèrent sur les miettes tombées de la table des puissants.

C'est cette situation qui génère le terreau où tentent de s'enraciner ceux qui prétendent, comme Aqmi ou Ansar Eddine, venger les habitants contre leur gré, en les soumettant à leur tour aux pillages et aux exactions. C'est cette situation que connaissent déjà certaines régions, de l'Afghanistan à l'Irak, auparavant dévastées par les guerres menées à leur population par les grandes puissances, au nom de leur « libération ». Quant au comportement des troupes dites « libératrices » vis-à-vis de la population, elle ne vaudra peut-être guère mieux, à terme, que celle des actuelles troupes occupantes.

C'est peut-être dans un bourbier qu'Hollande engage les troupes françaises, et peut-être pour longtemps, aux côtés des troupes d'autres pays d'Afrique.

Il faut dire non à cette intervention militaire décidée par le gouvernement Hollande, et affirmer que les trusts et les soldats français doivent évacuer l'Afrique, où ils n'ont rien à faire.

Viviane LAFONT


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