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Lutte Ouvrière n°2320 du 18 janvier 2013
Dans le monde

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La guerre pour les profits des trusts

Quand les pays impérialistes interviennent militairement, c'est d'abord pour préserver leurs intérêts, c'est-à-dire ceux de leurs capitalistes. L'Afrique en a fait la cruelle expérience depuis des siècles et, quels que soient les arguments avancés, c'est encore vrai aujourd'hui au Mali.

Dans toute cette région, les trusts des grandes puissances pillent depuis des années les richesses naturelles sans aucun profit pour la population.

La France est avant tout intéressée par les mines d'uranium d'Areva au Niger voisin, à Arlit et Akokan. Elles fournissent une grande partie du combustible utilisé dans les centrales nucléaires françaises. Les employés y vivent dans un camp retranché, sous la protection de gardes armés et des troupes nigériennes, ce qui n'a pas empêché sept d'entre eux d'être pris en otage en septembre 2010. Une nouvelle mine doit s'ouvrir à Imouramen. Ce serait la deuxième du monde en importance.

Les compagnies pétrolières prospectent activement toute la zone, en particulier Total en Mauritanie. Au Tchad, d'où décollent les Mirage français, ce sont des compagnies américaines qui exploitent les puits de pétrole. Le Mali a une frontière commune avec la Côte d'Ivoire, tête de pont en Afrique pour des sociétés françaises, comme avec le Sénégal.

Il n'est donc pas question pour l'impérialisme français de laisser se développer une situation risquant de déstabiliser toute cette zone et de mettre en danger les chasses gardées des grands trusts.

Quant au Mali lui-même, son sous-sol a beau être beaucoup moins riche en ressources minières que d'autres pays du continent, il est quand même le troisième producteur d'or d'Afrique. Les mines sont exploitées par des multinationales sud-africaines et britanniques, avec le concours intéressé de Bouygues pour les travaux d'excavation et d'extraction du minerai. Situées au sud-ouest du pays, loin de la zone des combats, elles n'étaient pour l'instant pas menacées. Mais l'avancée des rebelles vers Bamako aurait pu changer du tout au tout cette situation.

Ces ressources naturelles n'empêchent pas la population africaine de vivre dans la misère, les richesses qui en résultent allant remplir les coffres-forts des multinationales. Dans cette région d'Afrique où la France assume le rôle de gendarme du fait de son passé de colonisateur, elle veille à avoir un personnel politique à sa botte, maintient des bases militaires et profite évidemment de cette situation pour favoriser ses propres trusts. Le maintien de cet ordre injuste fonde depuis longtemps la politique de la France en Afrique, et aujourd'hui, comme toujours, la guerre n'est que la continuation de cette politique par d'autres moyens.

Daniel MESCLA


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