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Lutte Ouvrière n°2320 du 18 janvier 2013
Dans le monde

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Les interventions africaines de l'impérialisme français

L'intervention militaire française au Mali, loin d'être exceptionnelle, fait de Hollande le continuateur des basses œuvres de l'impérialisme depuis 1960, époque à laquelle la plupart des colonies françaises d'Afrique au sud du Sahara ont acquis leur indépendance.

Quelle que soit la raison invoquée -- intervention humanitaire, « défense de la démocratie », « lutte contre le terrorisme » -- l'armée française intervient depuis plus d'un demi-siècle, non pour défendre les populations, mais avant tout pour être le gendarme du pré carré de l'impérialisme français. Ce pré carré, ce sont les territoires qu'il s'était réservés par la conquête coloniale, et les intérêts qui s'y attachent aujourd'hui encore pour les trusts, comme Areva et Total. Bolloré compte 70 sociétés implantées dans 35 pays d'Afrique, notamment pour le fret et la gestion des ports. Bouygues détient par exemple une place prépondérante pour les travaux publics en Côte d'Ivoire et a réalisé l'oléoduc transportant le pétrole tchadien vers le Cameroun. Eramet dispose de mines de manganèse au Gabon. Rougier a obtenu des concessions très avantageuses pour l'exploitation des forêts, etc. Les banques, elles aussi, prélèvent leur dîme car, pour les capitalistes, il y a de l'argent à gagner dans les pays même les plus pauvres d'Afrique, y compris là où la population manque d'eau potable, de nourriture, d'hôpitaux et d'écoles, à condition d'être protégés par une dictature.

À la dictature du colonialisme a succédé celle des gouvernements des États indépendants, mis en place puis soutenus par l'armée française. C'est le cas au Cameroun, où Ahidjo fut installé en écrasant le soulèvement des paysans bamilékés.

Du Gabon à la Côte d'Ivoire...

On ne peut citer toutes les interventions de l'armée française en Afrique. Par exemple au Gabon, en 1964, le chef d'État Léon Mba, qui était arrivé au pouvoir par l'administration coloniale en liaison avec les exploitants forestiers, fut menacé d'un putsch. L'armée française intervint pour le soutenir en associant à la décision Pierre Guillaumat, président de l'Union générale des pétroles (aujourd'hui Total). Omar Bongo, ancien agent des services secrets français, à l'époque directeur de cabinet de Mba, fut emprisonné par les putschistes, puis délivré par l'armée française. Il fut choisi par de Gaulle comme successeur de Mba à la mort de celui-ci en 1967. Quelques décennies plus tard, Sarkozy a fait le déplacement en grande pompe à son enterrement, en compagnie des représentants des trusts français. Omar Bongo n'avait pas cessé de défendre les intérêts de l'impérialisme français, lui permettant notamment d'installer une base militaire pour ses interventions au Tchad, au Cameroun, au Congo et également au Rwanda.

En Côte d'Ivoire aussi, Sarkozy était accompagné des représentants des principaux trusts présents dans le pays quand il se rendit en mai 2011 à la cérémonie d'investiture de Ouattara, que l'armée française avait appuyé contre son rival Gbagbo.

L'Afrique, arrière-cour de l'impérialisme

Au Tchad, les interventions militaires françaises se sont multipliées pour soutenir les dictatures, de Tombalbaye à Déby. Des troupes y stationnent en permanence, prêtes à intervenir d'un bout à l'autre du continent, depuis ce pays qui occupe une position centrale.

Au total, quelque 6 000 militaires français sont basés en permanence dans les anciennes colonies françaises d'Afrique : Gabon, Côte d'Ivoire, Tchad, Djibouti, Centrafrique, Sénégal, et de façon plus discrète au Burkina. Par ailleurs s'ajoutent les bases aux Émirats arabes unis, pour des intervention au large des côtes somaliennes. Des conseillers militaires français sont également présents dans d'autres pays.

C'est aujourd'hui au tour du Mali de subir une intervention de l'armée française, pas moins condamnable que les précédentes.

Jean SANDAY


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