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Lutte Ouvrière n°2322 du 1er février 2013
Dans le monde

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L'intervention au Mali... vue du Mali

Les articles suivants sont extraits du bulletin Taballe du 15 janvier, édité par nos camarades de l'organisation trotskyste UATCI (Union africaine des travailleurs communistes internationalistes-UCI).

Une armée plus apte à rançonner la population qu'à affronter les groupes armés islamistes

Lorsque, le 12 janvier, les groupes armés d'Ansar Al Dine sont arrivés devant la porte de la ville de Konna, située à 60 km de Mopti, l'armée régulière malienne a détalé sans livrer combat. Tous les soldats, à commencer par les officiers, ont fui comme des lapins, livrant la ville qu'ils contrôlaient jusque-là aux islamistes.

Cette débandade militaire n'a pas empêché le président Dioncouda Traoré de fanfaronner à la radio et à la télé en parlant de « mobilisation générale ». Une fois encore, les troupes maliennes se sont enfuies sans résister.

Cette armée est impitoyable lorsqu'il s'agit de réprimer la population désarmée, elle sait rançonner les petites gens, elle sait parader lors des cérémonies officielles, mais quand il s'agit de se battre contre les islamistes, elle rentre tout de suite sous la jupe protectrice de l'armée de l'ancienne puissance coloniale.

L'état d'urgence à Bamako, c'est contre la population

Le président malien a décrété l'état d'urgence sur « l'ensemble du territoire », à compter du 11 janvier au soir. Il l'a annoncé pour une durée de dix jours, mais il est fort probable que ce soit pour une durée plus longue. Cette mesure touche surtout la capitale, qui est pourtant située loin de la zone de combats. Alors, à quoi sert de décréter l'état d'urgence dans la capitale, si ce n'est pour bâillonner un peu plus la population ?

La vie quotidienne de la population est déjà difficile à cause de la cherté de la vie. La crise politique dans laquelle le pays est plongé depuis le coup d'État du capitaine Sanogo a aggravé cette situation. Et la guerre ne fera qu'aggraver encore plus les conditions d'existence des petites gens. Les prix vont flamber, le chômage s'aggraver, la misère aussi. C'est pour empêcher toute expression de mécontentement populaire que le gouvernement a décrété l'état d'urgence.

Les seules qui vont s'en réjouir, ce sont les forces de l'ordre car c'est une aubaine pour elles de pouvoir rançonner encore plus les petites gens.


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