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Lutte Ouvrière n°2325 du 22 février 2013
Dans le monde

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Mali : la sale guerre de l'impérialisme français

Les troupes françaises occupent aujourd'hui les villes du nord du Mali : Gao, Tombouctou et Kidal. Les groupes armés islamistes, qui ont choisi d'éviter l'affrontement, n'ont pas disparu pour autant. Réfugiés dans une zone aussi vaste que l'Afghanistan, ils ont commencé à lancer des coups de main contre les villes reconquises, comme le 11 février à Gao.

Cette guerre a pour la population des conséquences dramatiques, que le gouvernement français aimerait bien cacher. Des civils sont morts sous les bombes et un nombre sans cesse croissant de réfugiés tentent de traverser les frontières pour fuir le danger. À Bamako, la capitale malienne, les restrictions de liberté instaurées par le gouvernement sont toujours en vigueur. Tout cela est loin de la simple promenade militaire applaudie par toute la population à laquelle on voudrait nous faire croire. Mais le pire est que les exactions de l'armée malienne pourraient attiser des conflits ethniques semblables à ceux qui ont ensanglanté bien d'autres pays de la région, même si l'on parle d'une solution politique comportant un accord, qui semble bien lointain, avec les représentants des touareg.

Dans le dernier numéro de leur mensuel Le pouvoir aux travailleurs, nos camarades de l'Union Africaine des Travailleurs Communistes Internationalistes (UATCI-UCI) témoignent de cette situation.

Le gouvernement français ment sur les victimes civiles

« À Koma, selon un journaliste français, onze civils au moins seraient morts à la suite des bombardements de l'aviation militaire française. Il a recueilli le témoignage des habitants qui lui ont montré des tombes de leurs proches tombés sous les bombardements. Un habitant assure que sa femme, ses deux garçons et ses deux filles sont morts sous les bombes et qu'il les a enterrés lui-même. À Kidal, les bombardements qui ont détruit, entre autres, la résidence du chef d'Ansar Edine ont fait des victimes collatérales : une centaine de morts au moins au sein de la population. »

Les réfugiés maliens affluent à la frontière sénégalaise

« Depuis ces dernières semaines, la ville de Tambacounda, au Sénégal, connaît un important afflux de réfugiés maliens en provenance de Bamako, de Kayes et des villages frontaliers. Ce sont des réfugiés qui fuient l'insécurité, les exactions ou la violence xénophobe. Mais les autorités sénégalaises, au lieu d'ouvrir en grand les frontières pour venir en aide à ceux qui fuient la violence chez eux, les rendent encore plus difficiles à traverser. C'est ainsi qu'elles ont annoncé avec une certaine fierté que la brigade de gendarmerie de Kédougou a procédé à l'arrestation d'une cinquantaine de ressortissants maliens tentant de pénétrer au Sénégal non loin de la ville frontière de Kidira. Toutes les gares routières susceptibles de servir de points de passage entre les deux pays ont fait l'objet d'une surveillance accrue. »

L'état d'urgence est prolongé

« L'état d'urgence, qui avait été décrété dès le premier jour de la guerre pour une durée de dix jours, a été prolongé de trois mois. Le porte-parole de l'armée malienne a déclaré que c'était « pour le bien de la population », pour assurer sa « sécurité », mais en réalité l'objectif du gouvernement c'est surtout de se protéger de tout risque d'éclatement de mécontentement populaire. Mettre le pays en état d'urgence lui permet d'interdire tout rassemblement, d'interdire une grève en prétextant par exemple qu'elle porte préjudice à l'ordre public, ou d'arrêter un opposant s'il est considéré comme agissant en faveur de « l'ennemi ». En un mot il s'agit de bâillonner la population. »

L'armée malienne se livre à des exactions et des exécutions sommaires

« Un haut responsable de l'ONU impute à l'armée malienne des disparitions et des exécutions sommaires dans les villes de Sevaré, de Mopti, de Nioro et dans d'autres localités proches de la zone de combat. Il y aurait eu également des lynchages et des pillages de biens appartenant à des membres de communautés arabes ou touareg. De son côté, l'organisation humanitaire Amnesty International a accusé cette armée d'avoir arrêté et exécuté plus d'une vingtaine de civils dans le nord du pays, sans compter les cas de « disparitions forcées » de personnes victimes d'« interrogations extrajudiciaires ». Ce sont tous ces comportements, qui consistent à se venger sur les populations arabes ou touareg, qui constituent les graines d'une possible guerre ethnique dans le futur. »


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