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Lutte Ouvrière n°2335 du 3 mai 2013
Dans le monde

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Mali - Commission de dialogue et de réconciliation : L'art de caser ses amis et de dilapider les caisses de l'État

Le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian s'est rendu à Bamako vendredi 26 avril pour, affirme-t-il, « préparer l'après-guerre ». Outre le fait que cette guerre n'est pas finie, comme l'atteste le maintien pour une durée indéterminée d'un millier de soldats français au Mali et le passage des troupes africaines sous commandement de l'ONU, la pacification du pays est plus qu'incertaine. À ce sujet, les gouvernants français se vantent de la mise en place d'une « Commission de dialogue et de réconciliation » censée selon eux réunir toutes les composantes de la société malienne. Nos camarades de l'Union Africaine des Travailleurs Communistes Internationalistes (UATCI-UCI) décrivent la réalité de cette institution dans le dernier numéro de leur journal Le Pouvoir aux Travailleurs.

Pendant que de nombreux témoignages confirment que l'armée malienne commet des actes de barbarie (exécutions sommaires, tortures et autres violences) à l'encontre des habitants du Nord accusés de mener des activités terroristes, alors qu'il s'agit la plupart du temps de simples habitants qui ont le seul tort d'avoir « la peau claire » ou assimilés comme tels, à Bamako le gouvernement parle hypocritement de faire de « la réconciliation entre les différentes communautés maliennes » une de ses principales préoccupations.

Dioncounda Traoré, l'actuel président intérimaire, vient en effet de mettre sur pied une Commission pour le dialogue et la réconciliation mais, contrairement à sa vocation officielle, cette trouvaille du président servira surtout à caser ses amis et ses proches afin d'agrandir le cercle de sa clientèle politique tout en dilapidant le peu d'argent qui reste dans les caisses de l'État.

Cette commission est composée de trente « commissaires », d'un président et de deux vice-présidents, tous nommés par le chef d'État malien. Le président de cette commission n'est autre qu'un de ses plus proches amis : il s'agit de Mohamed Salia Sokona, ancien ministre de la Défense d'Alpha Konaré.

Si le souci du président malien était réellement de chercher le dialogue et la paix entre l'État malien et les populations du nord du pays, comme il le prétend, il aurait dû commencer par utiliser l'argent de l'État, non pas pour engraisser ses amis politiques, mais pour satisfaire les besoins pressants de ces populations qui manquent de tout. Creuser des puits, faire fonctionner correctement les écoles, les hôpitaux et les dispensaires publics, créer des maternités, des centres de santé et des écoles là où il n'y en a pas, feraient plus avancer la cause de la paix que les démonstrations de force et les exactions auxquelles se livre l'armée malienne sous la protection des troupes françaises.


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