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Lutte Ouvrière n°2343 du 28 juin 2013
Dans le monde

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Espagne : le socialiste Rubalcaba pactise avec le gouvernement Rajoy

En Espagne, le chef du gouvernement de droite Rajoy et le secrétaire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) Rubalcaba ont mis en scène un accord, dans le cadre de leur participation à une réunion du Conseil européen. Les deux partis ont donc choisi d'aller main dans la main à Bruxelles. Il serait de l'intérêt de l'Espagne, disent-ils, de laisser de côté les différences.

Mais de quelles différences parlent-ils ? Depuis fort longtemps, la politique des socialistes et celle des dirigeants du Parti populaire actuellement au pouvoir ne se distinguent pas sur les sujets fondamentaux, particulièrement ceux qui concernent les intérêts des classes populaires. Les uns comme les autres ont toujours servi le patronat, les banquiers et les spéculateurs. Avec des nuances, mais toujours au bénéfice des mêmes.

La seule nouveauté c'est que cette rencontre, ces accords, sont de la part des dirigeants socialistes un geste d'allégeance à la politique du gouvernement de droite, qui va se traduire dans les mois qui viennent par de nouvelles mesures contre le monde du travail, contre les chômeurs et les retraités. Ce n'est pas nouveau, car la politique antiouvrière de Rajoy avait été mise en place par le gouvernement de gauche précédent, dirigé par Zapatero. La récente réforme du code du travail, tricotée par la gauche puis par la droite, a condamné au chômage des centaines de milliers de travailleurs sans qu'il en coûte rien au patronat.

Les salaires, le niveau de vie des couches populaires ont considérablement baissé, des dizaines de milliers de familles ont été expulsées de leur logement et &ndash ; autre résultat des opérations spéculatives des banques &ndash ; des milliers de petits épargnants, retraités pour la plupart, ont perdu une partie de leurs maigres économies.

Aujourd'hui, le gouvernement de droite ne cache pas que ses rencontres avec le leader de l'opposition seront aussi l'occasion de se mettre d'accord sur des mesures destinées à sauver l'économie, c'est-à-dire les profits des capitalistes et des banquiers.

En Espagne comme en France et en Europe, les politiciens de droite comme de gauche pointent du doigt l'Europe pour affirmer que c'est elle qui exige la réduction drastique des dépenses publiques, en particulier dans l'éducation et la santé, la réforme des régimes de retraite, etc. Et, bien sûr, l'Europe serait aussi responsable du chômage. Elle a bon dos. Rajoy en Espagne comme tous ses collègues européens, de droite comme de gauche, n'ont pas besoin d'elle pour vouloir faire payer la crise aux classes populaires.

En Espagne, des millions de travailleurs sont maintenant largement prévenus qu'un parti qui s'appelle socialiste et ouvrier soutient la droite, représentée par le Parti populaire, pour accentuer une politique antiouvrière. Le dirigeant du PSOE Rubalcaba ne fait rien d'autre que suivre le chemin des précédents dirigeants socialistes, qui, depuis la fin du franquisme, ont défendu &ndash ; au pouvoir pendant plus de vingt ans comme dans l'opposition à des gouvernements de droite &ndash ; les intérêts des classes possédantes.

Hélène GRILLET


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