Edouard Michelin a donc pris la scandaleuse décision de supprimer 7 500 postes dans ses différentes usines, soit 10 % des effectifs totaux, alors que son entreprise a fait des milliards
de bénéfice rien qu'au premier semestre 1999.
Il y a 10 ou 15 ans, on nous disait que les travailleurs devaient se sacrifier car les entreprises arrivaient à peine à survivre. Aujourd'hui ce ne sont que communiqués
annonçant des bénéfices en augmentation d'une année sur l'autre, voire d'un trimestre sur l'autre, et des envolées à la Bourse du prix des
actions industrielles et commerciales.
On nous dit que tout cela est une aberration du capitalisme, une forme inhumaine mais récente. Ce ne serait plus le bon capitalisme, le capitalisme libéral d'antan, mais le
capitalisme ultra-libéral et sauvage. Ce ne serait plus le capitalisme familial, mais le capitalisme des actionnaires (pourtant là, il s'agit bien de la famille Michelin comme
ailleurs de la famille Peugeot, de la famille Pierre Fabre ou de la famille Bouygues, etc.). Ce ne serait plus le capitalisme hexagonal mais la mondialisation et, aujourd'hui, tout serait de la
faute de ces capitaux fluctuants qui achètent celles des actions qui (...)
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