A entendre les commentaires sur l'élection du socialiste Ricardo Lagos à la présidence du Chili, tout serait aujourd'hui, là-bas, pour le mieux. Même si le
gouvernement de la Grande-Bretagne décide, comme c'est le plus probable, de ne pas extrader l'ex-dictateur Pinochet vers l'Espagne et le renvoie dans son pays, il devrait, nous
dit-on, y découvrir pour son châtiment ses adversaires politiques au pouvoir.
La réconciliation nationale serait, nous dit-on encore, en bonne voie puisque le candidat de la droite Joaquin Lavin, qui fut pourtant un des proches de Pinochet au temps de la dictature,
serait venu en personne féliciter publiquement son rival.
Bref, la féroce dictature mise en place en septembre 1973 par les militaires chiliens ne serait plus qu'un mauvais souvenir qu'il conviendrait tout simplement d'oublier.
Pourtant, les travailleurs chiliens n'ont pas intérêt à oublier les leçons de 1973 qui valent aussi pour les travailleurs de tous les pays.
La droite chilienne n'était pas plus réactionnaire au moment de l'élection d'Allende à la présidence de la République, en 1970, qu'elle ne
l'est aujourd'hui. C'est même grâce à un vote favorable des députés de la Démocratie (...)
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