(Editorial des bulletins d'entreprise du 11 décembre)
Cette année, le Téléthon, cette manifestation organisée au profit de la recherche scientifique concernant les maladies génétiques, a battu tous ses records,
avec plus de 501 millions de dons. C'est en un sens réconfortant, car à une époque où la vertu principale serait le profit individuel, cela prouve qu'une grande
partie de la population répond présent quand elle est sollicitée, et pense faire œuvre utile pour l'ensemble de la société.
Mais comment ne pas rapprocher ce chiffre des vingt milliards qui ont été dépensés pour la construction du Charles-de-Gaulle, ce super porte-avions nucléaire qui
depuis sa naissance passe le plus clair de son temps dans les chantiers de réparation, pour rajouter quelques mètres à une piste d'atterrissage mal calculée, ou pour
remplacer une hélice qui s'est brisée dès les premiers essais ?
On nous dira que le Charles-de-Gaulle était indispensable à la «défense nationale» et que cela justifie ces dépenses exorbitantes. Mais si cela était
vrai, comment alors qualifier le comportement de ceux (responsables de la marine ou du gouvernement) qui ont accepté en connaissance de cause (car il semble (...)
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