(Éditorial des bulletins d'entreprise du 8 janvier)
Jeudi 11 janvier, lors des obsèques de Jean-Luc Hulot, abattu le 3 janvier, les convoyeurs de fonds devaient exprimer leur colère contre les conditions de travail qui leur sont
imposées. En une seule année, quatre d'entre eux sont morts, assassinés par des braqueurs, et vingt-deux autres blessés, en transportant des millions pour les banques,
les compagnies d'assurances, les grandes sociétés commerciales, eux dont le salaire avoisine le SMIC.
Depuis des années, les banques ont automatisé la distribution des billets parce que cela leur permet des faire des économies de personnel. Les supermarchés, de leur
côté, ont poussé à la multiplication des distributeurs automatiques à l'intérieur des centres commerciaux, là où les convoyeurs
chargés de les remplir sont les plus exposés.
Le braquage récent à coups de lance-roquettes d'un véhicule de transport blindé a montré que, même dans leurs camions, les convoyeurs courent un risque,
déjà disproportionné avec le salaire qu'on leur donne. Mais on voit aussi se multiplier de plus en plus ces «points noirs» où les convoyeurs ne sont
même pas protégés comme ils peuvent l'être dans leurs (...)
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