Emportées par la volonté de convaincre les électeurs que, dans la présidentielle, seul compte le deuxième tour et qu'il se jouera obligatoirement entre Nicolas
Sarkozy et Ségolène Royal, la presse et la télévision donnent dans le superlatif pour qualifier l'enjeu de ce choix. Entre le candidat de l'UMP et la candidate
socialiste, c'est plus qu'une opposition politique, a écrit un grand quotidien, c'est une « opposition de société ». Ben voyons !
Il faut bien que la télévision et la presse s'extasient pour donner aux électeurs l'impression qu'avec leur bulletin de vote, ils ont entre leurs mains l'avenir du
pays comme leur propre sort, alors pourtant que les deux partis que représentent les deux candidats se relayent au pouvoir depuis un quart de siècle sans que les alternances changent la
vie des classes populaires, si ce n'est chaque fois en mal.
Changer la société en changeant de président ? C'est une plaisanterie. D'abord parce que, dans le domaine économique, ce n'est ni le président de la
République ni le gouvernement qui commandent. Ce sont les grands groupes financiers. Ils peuvent licencier, délocaliser ou supprimer des emplois comme ils veulent, comme sont en train de
le (...)
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