Le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier a fait des dizaines de milliers de victimes, des millions sans doute de sans-abri et il est évident que l'organisation et
la coordination des secours, dans un pays dont la plupart des infrastructures ont été détruites, ne sont pas chose aisée. Mais le sort de la population pauvre est
d'autant plus terrible qu'elle vivait déjà dans la misère, que la consommation de galettes de terre pour tromper la faim faisait partie de la vie quotidienne des
Haïtiens les plus pauvres, bien avant ce tremblement de terre.
Haïti n'est pas victime d'une malédiction. Haïti a d'abord été victime de l'exploitation coloniale par la France, puis de l'impérialisme
nord-américain.
Le commerce et l'exploitation sans frein des esclaves noirs dans les plantations de canne à sucre au XVIIe et au XVIIIe siècles ont été l'une des principales
sources d'enrichissement de la bourgeoisie française durant cette période. C'est sur leur sueur et leur sang qu'ont été bâtis les hôtels
particuliers de Nantes, de Bordeaux et de bien d'autres villes. Et quand, embrasé par le souffle de la Révolution française, Haïti a aboli l'esclavage, a vaincu les
armées que Napoléon Bonaparte (...)
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