Des corps décharnés sur des paillasses, des êtres humains gisant par terre et mourant du choléra, des hommes, des femmes, portant sur leur dos le corps malade de leur enfant
ou de leur compagnon : les images qui parviennent d'Haïti suscitent la compassion, mais plus encore l'indignation.
La catastrophe humaine que connaît aujourd'hui Haïti était une catastrophe annoncée. Elle est la deuxième en cette année, dix mois après le
tremblement de terre qui a dévasté le pays et sa capitale, faisant plus de deux cent mille victimes.
« Catastrophe naturelle » ? Mais au Japon les tremblements de terre sont fréquents et parfois plus violents qu'en Haïti, et ni les destructions ni le nombre de victimes ne
sont à la même échelle. Les victimes du séisme sont mortes de pauvreté. Non seulement parce que les taudis où vit la majorité de la population ne
pouvaient pas résister, mais aussi parce qu'il n'existait ni matériel pour dégager les victimes des ruines, ni autorité pour organiser les secours, ni personnel de
santé pour les soigner.
Devant l'émotion internationale que cela a suscitée, les dirigeants des grandes puissantes avaient juré la main sur le cœur qu'ils aideraient à reconstruire
le (...)
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