Les États impérialistes ont beau brandir des menaces, des délégations de chefs d'État africains ont beau se succéder à Abidjan, la crise politique
en Côte d'Ivoire se prolonge et s'aggrave.
À l'issue de l'élection présidentielle qui vient d'avoir lieu, les candidats restés en lice au deuxième tour, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, se
sont tous les deux proclamés vainqueurs. L'un, Ouattara, a été reconnu comme président de la République par le Conseil électoral, l'autre, Gbagbo,
l'a été par le Conseil constitutionnel. Gbagbo bénéficie du soutien du gros de l'appareil d'État ivoirien, notamment de l'armée. Ouattara a
été reconnu par ce qui s'intitule la « communauté internationale », c'est-à-dire par des chefs d'État et par l'ONU.
Qui des deux est plus légitime ? Bien naïf ou prétentieux celui qui s'aventurerait à trancher, surtout de loin, alors que chacun des deux camps brandit les tricheries,
les bourrages d'urnes de l'autre camp.
Ce qui n'empêche pas Sarkozy de trancher et, de concert avec tous les chefs d'État, de proclamer dans une belle unanimité : l'élu, c'est Ouattara.
Pourquoi donc cette unanimité, en particulier des grandes puissances ? Parce que Ouattara a eu plus de (...)
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