Depuis le 15 mai, la grande place madrilène de la Puerta del Sol est occupée en permanence par des manifestants qui se nomment eux-mêmes « les indignés ».
Indignés par la politique d'austérité menée par le gouvernement, indignés par le chômage qui monte - un Espagnol sur cinq et un jeune sur deux n'ont
pas de travail -, indignés par la dictature des marchés, par le pouvoir des banquiers, par la corruption des milieux dirigeants, indignés par tout le système.
Leur nombre est allé croissant. L'interdiction de manifester pendant le week-end dernier en raison des élections ne les a pas découragés.
Les commentateurs comme les manifestants font la comparaison avec ce qui s'est passé en Égypte, où l'action contre la dictature de Moubarak a pris la forme de
l'occupation permanente de la place Tahrir au Caire. À Madrid cependant, l'indignation ne vise pas un homme mais tout un système.
Le quotidien Le Parisien rapporte cette phrase d'un occupant de la Puerta del Sol : « Nous faisons de la politique avec un P majuscule. » Pour les classes populaires, exprimer leur
colère dans la rue est en effet une manière plus efficace de faire de la politique que de glisser un bulletin dans l'urne et (...)
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