Les six chefs de gouvernement ou d'Etat qui se sont retrouvés à Florence pour discuter du « progressisme au XXIe siècle », se prétendent
réformateurs de gauche, voire socialistes. Mais pour ces réformateurs à la Jospin, Blair, Schröder ou Clinton, réformer signifie laisser les mains libres au patronat,
et démolir les quelques protections sociales obtenues ou imposées par les travailleurs dans le passé. Leurs mots diffèrent parfois, mais pas leur politique.
La loi Aubry illustre bien celle-ci. Elle avait été présentée comme la grande œuvre en faveur des travailleurs du gouvernement Jospin. Au total, elle fait sauter les
verrous limitant la durée hebdomadaire du travail, permet aux patrons d'imposer la flexibilité et de faire varier l'horaire du travail à leur gré. Elle impose des
négociations par entreprise, isolant les travailleurs les uns des autres, morcelant leur force collective. Et en plus, elle prévoit de donner pour cela des subventions aux patrons !
C'est une loi de régression sociale contre laquelle les travailleurs ont à se battre pour se défendre, comme le montre la multiplication des grèves et des
réactions de protestation au fur et à mesure que la loi entre en (...)
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