Il est manifeste, après plusieurs jours de guerre en Irak, que les envahisseurs américains ne sont pas accueillis en libérateurs. Les troupes d'invasion ont pourtant
commencé par le sud de l'Irak, dont la population a particulièrement souffert de la dictature de Saddam Hussein. Mais si la population hait le dictateur, cela ne signifie pas pour
autant qu'elle veut que l'Irak se transforme en semi-colonie anglo-américaine. En outre, la population chiite de cette région a toutes les raisons de garder le souvenir de la
guerre du Golfe, il y a douze ans. Saddam Hussein avait, à l'époque, écrasé leur révolte avec la complicité des troupes américaines. Les
États-Unis avaient fait alors la démonstration qu'ils préféraient encore Saddam Hussein à l'insurrection armée de la population.
L'état-major américain a si peu d'illusions sur les sentiments de la population qu'il a décidé de contourner la grande ville de Bassora plutôt que de
tenter de l'occuper. Il craint manifestement que les combats de rue soient difficiles au point de retarder l'avance de l'armée vers Bagdad.
Au fil des jours, disparaît aussi le mythe, distillé par la propagande américaine, d'une guerre « propre » avec des (...)
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