Si l'on en croit les derniers sondages, Raffarin rivalise donc avec Juppé pour battre les records d'impopularité d'un chef de gouvernement après à peine plus
d'un an d'exercice du pouvoir. Les résultats de ces sondages ne sont pas étonnants. Cette impopularité est la conséquence de sa politique.
Le gouvernement a été déstabilisé par les mouvements sociaux du printemps et de l'été, la grève des enseignants, la lutte contre les atteintes aux
retraites, les manifestations des intermittents du spectacle, qui n'ont certes pas réussi à faire vraiment reculer Raffarin, mais qui ont rencontré la sympathie de larges
secteurs de la population, comme par la situation tragique des hôpitaux qu'a révélée la canicule. Au point que l'on peut se demander si ce gouvernement arrivera
à tenir jusqu'aux élections régionales et européennes du printemps prochain, ou si Chirac ne préférera pas opérer d'ici là un
remaniement ministériel, voire un changement de Premier ministre.
Il préférerait certes ne pas devoir en arriver là, mais le prolongement de la situation actuelle peut l'amener à ce choix, à cause en particulier des remous
qu'elle suscite au sein de sa propre majorité dont les députés voudraient (...)
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